UNE LETTRE DE LEONARD PELTIER: UNISSEZ-VOUS, SAUVEZ LES ESPECES MENACEES, ETC..

Dans sa récente lettre de prison, Peltier parle d’unité, du cycle de la vie, et encourage à sauver les espèces menacées

Par Leonard Peltier
Lettre du 6 février 2014

Traduction Christine Prat

Mes Salutations, mes Amis, Parents et Soutiens :

Je sais que je le dis toujours ainsi, « Amis, Parents et Soutiens » et tout çà, mais en réalité, vous êtes TOUS mes parents. Je sais que dans la loge de sudation nous disons toujours « tous mes parents » et quand nous en sortons nous disons « tous mes parents » et à la fin de mes lettres je dis Mitakuye Oyasin et çà signifie « tous mes parents ». Je vous suis très, très profondément reconnaissant, mes parents.

Tant de jours ont passé et il semble probablement que je dis encore et toujours les mêmes choses mais vous devez comprendre que depuis 38 ans chaque jour pour moi est à peu près pareil ; toujours, et toujours et toujours, et pour beaucoup d’Autochtones, leurs luttes contre ce monde de technologie et de grandes entreprises c’est aussi encore et toujours la même chose.

Je regarde les informations et ils disent que les Chrétiens sont contre les Musulmans et les Chinois contre les Tibétains et des parents contre leurs parents dans certains de ces pays. Je ne peux m’empêcher de penser « pourquoi est-ce que çà continue à se produire ?? » Je sais avec certitude que le Musulman de base dans son pays n’a rien contre un Chrétien, ni le Chrétien contre un Musulman en ce qui concerne leur religion. En Amérique, les Autochtones n’ont rien contre les non-Autochtones pour des raisons religieuses. Je suppose que ce que j’essaie de dire est que nous avons une croyance commune dans le droit de chercher le bonheur dans le respect, et je sais que le citoyen moyen ici en Amérique n’a pas de raison de se quereller avec quiconque dans un autre pays pour des raisons religieuses.

Pouvez-vous imaginer vos enfants se battant sur la manière de vous parler ou de vous respecter ou d’attirer votre attention ? Çà vous ferait profondément mal s’ils s’entretuaient pour ces raisons. Ce que j’essaie de vous dire est : ne laissez-pas les grandes entreprises et les faiseurs d’argent détruire ce que nous avons en commun en utilisant la religion comme excuse pour prendre nos terres et nos ressources. Trop souvent, les gens qui veulent les ressources d’autres peuples envoient des soldats pour détruire l’infrastructure d’un peuple. Souvent, ils attaquent un groupe au nom d’un autre, puis attaque cet autre groupe au nom de celui qu’ils ont attaqué récemment, causant la division. Cela n’arrive pas seulement aux nations mais aussi au niveau fondamental d’organisations qui cherchent à se libérer de l’oppression. Il y a ceux qui répandent des rumeurs, essayant de discréditer et diviser les gens, mais nous devons garder à l’esprit ce que nous voulons réaliser et cultiver nos amitiés et le respect mutuel.

Nous devons respecter les efforts des autres et nous souvenir que les mots peuvent apporter la joie et qu’ils peuvent aussi apporter la souffrance et la désunion. Je dis tout cela parce que pour moi, à ce point de ma vie, je suis impliqué dans ce qui est probablement ma dernière chance de liberté. Les gens que j’ai rassemblés autour de moi sont des gens que je connais et en qui j’ai confiance. C’est mon choix, et je veux qu’il soit respecté.

Partout en pays Indien et partout dans le monde, il y a des gens qui combattent pour la liberté quotidiennement. L’Amérique a plus de gens en prison que tout le reste du monde. Le système judiciaire en Amérique est de toute évidence devenu une industrie, pas un instrument pour rechercher la justice.

Ces choses auxquelles nous sommes confrontés ne changeront pas, à moins que nous, les gens ordinaires, soyons unis contre ces attaques mal intentionnées contre notre droit de chercher le bonheur et de vivre dans un monde qui n’est pas gouverné par une éthique fondée sur l’obtention de la richesse. J’aimerais dire des choses qui vous feraient rire et seraient encourageantes, quand vous vous rassemblez pour vous souvenir de la cause dont je suis la preuve, mettre un terme aux violations de vos droits constitutionnels. Je veux que vous soyez joyeux et heureux, mais je veux aussi que vous sachiez en toute connaissance de cause qu’à travers l’histoire de l’humanité, défendre la liberté et la justice doit être fait à chaque génération.

J’ai 69 ans et j’ai fait du mieux que j’ai pu là où je suis, et je continuerai de le faire et je vous encourage à le faire aussi.

Beaucoup de gens, au cours d’une vie et dans la recherche de la spiritualité, peuvent arriver à une croyance, ou peut-être, dirais-je, à une prise de conscience qu’il y a quelque chose dans leur vie qu’ils étaient appelés à faire. Si, pour une raison quelconque, vous n’avez jamais eu un tel sentiment, et voudriez savoir de quoi il s’agit, vous pourriez, sans rechercher la spiritualité, juste en utilisant votre bon sens, voir les possibilités auxquelles nous sommes confrontés : la déliquescence de notre monde naturel, la perte d’eau potable, d’air pur, de nourriture naturelle, et vous trouverez des raisons de vous engager pour la protection de ces choses et empêcher la destruction de notre Terre naturelle et de la nature.

Vous pourriez vous engager pour essayer de sauver des espèces menacées, vous pourriez regarder un nouveau-né et vous demander « quel futur les attend ? » Si la destruction suicidaire de notre Terre naturelle continue, il se pourrait que nous ne détruisions pas la Terre, mais finissions par détruire la nature dans laquelle nous sommes faits pour vivre.

Je pense que c’est important que, dans votre réflexion, si vous voulez améliorer les choses, vous décidiez si vous êtes prêts à tout faire par vous-même ou pas, puis faire du mieux que vous pouvez, et je sais que d’autres vous rejoindront, qui ont la même conscience et les mêmes sentiments spirituels que ceux que vous avez développés.

Nous avons été créés et sommes nés dans un cycle de vie et toute la nature dans ce cycle de vie est interdépendante. Nous devons nous unir et réparer ce cercle de vie dans les cercles de notre famille et de notre communauté. En tant que gens ordinaires, en tant que descendants d’autres peuples Autochtones, peu importe d’où nous venions, nous AVONS BESOIN les uns des autres, et si un homme de 69 ans en prison peut finalement arriver à ce que ses paroles vous soient lues dans une réunion, je sais, je sais absolument que vous pouvez faire beaucoup mieux.

Que le Grand Esprit vous bénisse et vous donne la force et les amis pour partager vos tâches, le bonheur et la connaissance et la persévérance pour aider à retrouver les choses que nous avons perdues en tant que citoyens de la Terre, et la force de protéger ce qui nous reste, et la préscience d’empêcher des pertes futures.

J’espère sincèrement que l’an prochain à la même date je pourrai être avec vous à l’un de ces rassemblements et que nous passerons un bon moment ensemble et d’ici là… embrassez-vous de ma part.

Votre parent pour toujours, et en tout

Dans l’Esprit de Crazy Horse

Leonard Peltier

Mitakuye Oyasin

Source > Censored News
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26 DÉCEMBRE 1862 LA PLUS GRANDE EXECUTION DE MASSE AUX USA : LA PENDAISON COLLECTIVE DES 38 GUERRIERS SIOUX !

26 DÉCEMBRE 1862 LA PLUS GRANDE EXECUTION DE MASSE AUX USA : LA PENDAISON COLLECTIVE DES 38 GUERRIERS SIOUX ! | IDLE NO MORE France | Scoop.it
idlenomorefrance’s insight:

 26 DÉCEMBRE 1862 : PENDAISON COLLECTIVE DES 38 GUERRIERS SIOUX !

En mémoire du 26 DÉCEMBRE 1862 un groupe de personnes du peuple Dakota à cheval ont fait le voyage annuel de la réconciliation à Mankato Park afin de rappeler dans les consciences , les 38 hommes qui ont été pendus à proximité du site il y a près de 150 ans. Cette pendaison a été le plus grande exécution de masse dans l’histoire des États-Unis, elle met un terme sanglant à la guerre du Dakota qui a débuté au début de l’été de la meme année 1862 et qui opposait la Nation Première Sioux de l’est du Dakota aux Etats-Unis d’Abraham Lincoln, un des quatre pères fondateurs des USA.

Le 26 Décembre 1862, 38 Dakotas guerriers sioux furent pendus aux États-Unis, cela est devenu depuis la plus grande exécution de masse et qui le reste encore aujourd’hui.
Ils ont été pendus à Mankato, dans le Minnesota.
Abraham Lincoln avait ordonné à son général d’user de la plus grande violence à l’égard des populations des nations premières du Dakota , il a signé les papiers pour l’exécution de 39 hommes Dakota, 38 ont été pendus , un homme a été gracié et deux ans plus tard deux chefs sioux capturés furent pendus eux aussi.

Le conflit qui à conduit les guerriers sioux sur le chemin de la guerre que l’on a appelé la Sioux Uprising est survenue suite à la proclamation des traités signés en 1851 entre les Nations premières, qui pour pacifier les relations avec les Etats-Unis , cédaient une partie de leur territoire du Dakota aux Etats-Unis qui devait les acheter en contre-partie.
Mais les États-Unis n’ont pas donné suite à leur accord sur le traité de 1851. Ils n’ont eut de cesse de violer purement et simplement les accords passés avec les Nations premières Lakota, ce qui c’est caractérisé immédiatement par le fait que les autorités coloniales étasuniennes implantées au Dakota n’ont pas donné les rations alimentaires promises et que les paiements ont été fait très en retard et de façon déloyale aux agents natives. Cet argent du pour l’achat de la terre qui était détenue par les États-Unis depuis.
En conséquence il y a eut une grande famine, car les accords si ils avaient été respectés auraient pu permettre aux premières nations de cultiver le reste de leurs terres.
Aussi quand les familles natives du Dakota ont commencé à mourir de faim , les guerriers sioux sont entrés en révolte, ils ont au départ infligés aux colons et à l’armée des revers. Les guerriers se sont révoltés afin qu’ils puissent nourrir leurs familles, suite a un énième irrespect commis à leur égard.
Aujourd’hui encore beaucoup falsifient cette histoire pour donner un beau rôle à Lincoln.

Emmanuelle Bramban pour IDLE NO MORE France

LE RAPPORTEUR SPÉCIAL DE L’ONU RENCONTRE LEONARD PELTIER EN PRISON

COLEMAN, Floride – Le vendredi 24 Janvier 2014 Rapporteur spécial des Nations Unies, le professeur James Anaya a visité aux États-Unis pénitencier de Coleman 1 en Floride, pour rencontrer le prisonnier politique amérindien Leonard Peltier. Professeur Anaya a été accompagnée par Leonard « Lenny » Foster, membre du conseil d’administration du Conseil international des traités indiens (IITC), superviseur du Projet de correction des Nations Navajo, et conseiller spirituel de M. Peltier depuis près de 30 ans.La réunion historique près de quatre heures a commencé vers 9 heures. Bien que la discussion vendredi matin a été conçu pour mettre l’accent sur ​​la grâce présidentielle pour Leonard Peltier, la conversation a abordé de nombreux sujets, comme M. Peltier avait hâte d’entendre le point de vue du Rapporteur spécial sur la situation des peuples autochtones dans le monde entier. Dans un essai qui est largement reconnu comme un déni de justice, Leonard Peltier a été reconnu coupable en 1977, dans le cadre d’un échange de tirs avec les forces gouvernementales des États-Unis, où deux agents du Federal Bureau of Investigation et un jeune homme indien ont perdu la vie. Chaque élément de preuve à l’encontre de M. Peltier a depuis été prouvé faux. Professeur Anaya est actuellement à son deuxième mandat en tant que Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. En Septembre 2012, après une série de séances de consultation avec les peuples autochtones à travers les États-Unis, le Rapporteur spécial a produit un «Rapport national sur la situation des peuples autochtones dans les États-Unis d’Amérique » (A/HRC/21/47/Ad) ].Dans le rapport, le professeur Anaya a appelé à la liberté de Leonard Peltier, et a déclaré: « Moyens pour examen présidentielle de clémence … n’ont pas porté leurs fruits. Cette réduit encore davantage la foi déjà diminué dans le système de justice pénale ressenti par de nombreux peuples autochtones … « L’effort pour engager le Rapporteur spécial des Nations Unies dans la lutte pour la justice pour répondre à M. Peltier a commencé en 2008, lors d’une discussion entre Lenny Foster et Alberto Salomando, ancien procureur de la IITC. Suite à la visite Lenny Foster a déclaré: «La visite d’aujourd’hui par l’ONU Rapporteur spécial James Anaya pour Leonard Peltier en prison est très important et historique pour nous. Nous le remercions pour le travail .. pour rendre cela possible. Cela permettra de soutenir les efforts de clémence pour Leonard Peltier et de promouvoir la réconciliation et la justice dans cette affaire « , a déclaré Leonard Peltier vendredi » si les violations constitutionnelles qui ont eu lieu dans mon procès sont laissés au repos, il sera mis en priorité pour les essais futurs, et mettre en péril la . liberté et les droits constitutionnels de tous les Américains « Également présents de la réunion de vendredi étaient: David Hill, directeur du Comité international de Leonard Peltier Defense (ILPDC), Peter Clark, coordonnateur ILPDC chapitre et membre Unoccupyabq.org. David Hill a déclaré « que les Américains ne peuvent plus se permettre de tolérer ce déni de justice et nous fera tous les efforts pour amener ces violations judiciaires à l’attention de tous les Américains, comme à l’international »

Leonard Peltier

Leonard Peltier est en prison depuis 37 ans

source > http://nativenewsonline.net/

Traduit par google

Déclaration de Léonard Peltier à propos du décès de Nelson Mandela.

#Corse Info : Déclaration de Léonard Peltier à propos du décès de Nelson Mandela

Publié par Censored News
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5 décembre 2013

Traduction Christine Prat

Je vous salue, mes parents, amis et soutiens :

Çà m’attriste d’apprendre qu’un grand homme comme Nelson Mandela a quitté cette vie. C’était un homme qui nous inspirait beaucoup et nous montrait les possibilités pour les Autochtones de mener une lutte continuelle qui pouvait se manifester à des niveaux de liberté entravés par des siècles d’oppression.

Notre peuple Autochtone a souffert des mêmes types d’oppression à de nombreuses reprises. Çà ne se manifeste pas aussi ouvertement et distinctement qu’en d’autres lieus ; cependant, que vous soyez mort parce qu’un policier vous a tiré dessus ou mort parce que vous n’avez pas pu supporter le génocide racial et culturel, vous vous êtes suicidé – vous êtes tout aussi mort dans les deux cas. Nelson Mandela est connu pour avoir conduit la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. L’Amérique parlait de mettre un terme à l’apartheid et d’appliquer des sanctions à l’Afrique du Sud. N’étant pas tellement adepte de la langue anglaise, je crois comprendre qu’(apartheid) signifie maintenir quelqu’un séparé de quelque chose ; mon peuple a été séparé délibérément des Black Hills sacrées du Dakota du Sud. Il y a eu, et il y a encore, des mesures qui nous maintiennent séparés de notre vraie histoire, appliquées par un système d’éducation qui limite la vérité de notre être. En ce moment même, ici en Amérique, en ce moment même au Canada, en ce moment même en Amérique du Sud, il y a un apartheid qui cherche à nous séparer de nos sites sacrés, de nos terres et de nos ressources. En ce moment même au Canada, des Autochtones luttent pour protéger leurs terres aborigènes de la fracturation hydraulique qui détruit les nappes d’eau et ébranle l’équilibre naturel de la Terre. En ce moment même, avec une mentalité d’apartheid, ils tentent de construire des pipelines, avec un potentiel de destruction écologique considérable, à travers les terres Autochtones. En ce moment même il y a une forme d’apartheid qui cherche à nous séparer de la protection de la constitution des Etats-Unis qui dit que la loi des traités est la loi suprême du pays ; qui dit aussi qu’on a droit à un procès équitable et sans préjugé ; qui dit aussi qu’on a droit à un jury composé de nos pairs. En ce moment même nos jeunes Autochtones adultes sont jugés TROIS fois plus souvent que n’importe quel autre groupe et maintenus en état d’apartheid de leurs familles et d’apartheid d’une représentation légale compétente.

Je pourrais continuer encore et encore, mais vous pouvez voir où je veux en venir. La lutte contre l’apartheid – j’en suis sûr – n’est pas terminée en Afrique du Sud, pas plus que la lutte contre l’apartheid et l’esclavage en Amérique. Nous devons tous considérer Nelson Mandela comme une source d’inspiration, mais je suis aussi inspiré par les plus humbles parmi notre peuple qui résistent pour ce qui est juste, comme le jeune homme ou la jeune femme qui tient pacifiquement une barricade contre les promoteurs et les compagnies pratiquant la fracturation hydraulique ou une quelconque usine qui abime notre air. Pendant que j’y suis, dans tout ce chaos, je veux aussi me souvenir d’un frère du nom de Wanbli Tate qui a défendu infatigablement les droits des Autochtones dans des émissions de radio, des écrits, et sur internet, pour attirer l’attention sur les responsables de méfaits représentés au gouvernement et dans les grandes entreprises.

Nous avons perdu beaucoup d’entre vous ces dernières années et je veux à nouveau me souvenir de mon frère Russell Means qui n’a jamais relâché ses efforts pour mettre un terme à cette version américaine de l’apartheid à laquelle les Autochtones font face.

Dans l’esprit de tous ceux qui sont partis avant nous dans cette lutte, j’aimerais vous dire restez forts et n’abandonnez JAMAIS, JAMAIS.

 

Votre ami pour toujours,
Dans l’esprit de Crazy Horse,

Leonard Peltier
Mitakuye Oyasin

DECLARATION DE LEONARD PELTIER SUR ‘IDLE NO MORE’

 

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A PROPOS DE ‘IDLE NO MORE’

Par Leonard Peltier

Salut à vous, mes Parents et Amis !

J’ai appris au cours de la semaine passée que beaucoup de nos jeunes gens et surtout des femmes s’étaient mobilisés pour soutenir nos Frères et Sœurs Autochtones du Canada. Cela me fait vraiment chaud au cœur de voir l’activisme et la conscience de différentes générations de Gens se rejoindre. Il y a là un potentiel important pour éduquer ceux qui ne connaissent pas les périls qui menacent notre environnement.

Par mon expérience personnelle, je comprend parfaitement les difficultés qu’il y a à obtenir que les gens agissent pour amener le changement. Le cours choisi par les entreprises mondiales dans l’histoire et aujourd’hui s’est développé largement aux dépens des peuples autochtones partout dans le monde. J’encourage quiconque lit ces lignes à s’engager le plus possible pour endiguer la vague de destruction environnementale qui a lieu en ce moment.

La santé de notre environnement transcende tous les milieux sociaux et tous les horizons. Si nous n’avons pas d’eau saine, d’air sain, de nourriture saine et d’enfants en bonne santé nous n’aurons pas de futur sain. C’est la loi. Je ne pourrai répéter assez à quel point c’est important de communiquer et de donner la main à nos Frères et Sœurs Autochtones partout dans le monde. Nous devons nous unir pour faire changer ces entreprises qui piétinent nos droits environnementaux.

Je vous encourage à rechercher les organisations déjà engagées dans cette tentative et à rester unis. J’encouragerai tous les Gens avec lesquels je travaille et ceux avec lesquels j’ai travaillé à faire leur part d’efforts dans cette lutte. Je termine pour le moment, mais dans l’Esprit de Chef Theresa Spence continuez à tenir bon et ne laissez plus faire [idle no more] !

 

Dans l’Esprit de Crazy Horse

Leonard Peltier

Publié par Censored News
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Traduction Christine Prat

Source > http://www.chrisp.lautre.net

Documentaire « Incident à Oglala »

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Pour en savoir plus sur Leonard Peltier et les événements qui ont mené à son arrestation et sa condamnation, découvrez le documentaire « Incident à Oglala », enfin en DVD en version française ! Avec en bonus des courts-métrages réalisés par des Amérindiens, inédits en France ! Et bientôt à Paris une projection publique du film « Incident à Oglala » en présence de représentants de l’American Indian Movement qui seront en tournée en Europe à la fois pour commémorer le 40ème anniversaire de l’occupation de Wounded Knee et dans le cadre de la campagne de solidarité pour la libération de Leonard… Restez connectés !

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Coup de gueule d’une femme sioux

Notre religion n’est pas à vendre !
par Mary Brave Bird-Crow Dog
Partout aux États-Unis, et quelle que soit leur tribu, les Indiens sont en colère parce que les Blancs vendent nos cérémonies comme un passe-temps à la mode qui, peut-être, leur permettra de trouver un sens à leurs vaines existences. Notre religion est donc colportée et commercialisée par de faux hommes-médecine qui s’attribuent des noms indiens fantaisistes tels que Bison-qui-broute-sur-le-flanc-de-la-montagne, Aigle-d’or-s’élevant-dans-le-ciel ou encore Âme-libre-enveloppée-de-brume-matinale. Un gamin de dix ans vivant sur la réserve de Rosebud ne s’y laisserait pas prendre, mais il y a de quoi impressionner les crédules wasichus (blancs). À cause du New Age, le nombre de ces prétendus hommes (ou femmes)-médecine est en constante augmentation ; c’est un créneau qui peut rapporter gros, d’autant que les Indiens sont à la mode. Après la macrobiotique et le Zen, c’est au tour du « pauvre Indien en voie de disparition » d’alimenter les conversations de salon.
Ainsi, une Blanche prétend posséder des pouvoirs surnaturels que lui aurait transmis une femme-médecine et organise d’importantes conférences où, pour plus de trois cents dollars par personne, elle enseigne la sagesse et la spiritualité indiennes. Imaginez l’argent que se fait cette femme ! Des individus comme elle peuvent encaisser jusqu’à un million de dollars par an en vendant notre religion.
Cette exploitation ne date pas d’hier. Dans les années 1880 et 1890, de grosses compagnies patentées lançaient sur le marché de fausses potions indiennes censées guérir tous les maux. Je pense, entre autres, à la Great Oregon Indian Medicine Company, dont « les clients se comptaient par millions et les témoignages de reconnaissance par milliers ».
La Kickapoo Indian Medicine Company était la plus importante d’entre elles et prônait l’usage de l’« huile de serpent kickapoo », potion miraculeuse contre le ver solitaire, et de la fameuse sagwa, remède à toutes les maladies humaines connues à ce jour : « Existe-t-il quoi que ce soit qui puisse retarder, peut-être de plusieurs années, ce dernier moment avant qu’une main décharnée n’écrive votre nom sur le registre froid de la mort ? Eh bien, oui, Mesdames et Messieurs ! Prenez de la SAGWA DES INDIENS KICKAPOOS. C’est un remède infaillible. »
Cette compagnie avait installé des villages indiens publicitaires composés de douzaines de wigwams (tentes) où le public pouvait assister à la préparation du breuvage magique. Ses représentants de commerce étaient tous d’anciens éclaireurs renommés pour avoir combattu les Indiens et qui, « par leur courage en temps de guerre avaient acquis un tel ascendant sur l’Homme Rouge, qu’il leur avait bien volontiers cédé toute autorité ». La plupart des « acteurs indiens » participant au spectacle n’étaient pas kickapoos, certains étaient même d’origine péruvienne. La réserve des Kickapoos, en fait désertée et d’une extrême pauvreté, y était représentée comme un « véritable jardin d’Éden habité par une race primitive, bienveillante et noble, capable de sonder les secrets de la nature ». Pendant des années, la sagwa et l’huile de serpent kickapoo ont fait gagner des millions de dollars à cette compagnie. Aujourd’hui, la situation n’est pas très différente de ce qu’elle était alors.
La religion indienne est au centre de ma vie, elle représente le côté spirituel de mon être et fait partie intégrante de mon héritage. Elle m’a aidé à survivre. D’où ma colère lorsque je la vois profanée, exploitée, interprétée de façon erronée, vendue et achetée. Ces imposteurs trahissent nos croyances, falsifient nos traditions et donnent une représentation caricaturale et grotesque de nos rituels. Pour préserver notre foi de la souillure, on devrait interdire aux Blancs d’organiser des cérémonies indiennes. Afin de les mettre à l’abri des regards hébétés ou moqueurs, nous devrions également récupérer les sacs-médecine et autres objets sacrés qui nous ont été dérobés il y a des années et qui sont exposés aujourd’hui dans des musées ou dans des collections privées.
Avant les années trente, nous avions l’interdiction de prier dans notre langue et nos rites étaient proscrits. D’après la législation en vigueur, nous pouvions être emprisonnés pour avoir participé à l’inipi ; malgré cela, nos croyances survivaient dans la clandestinité et, dans des endroits cachés, loin du regard des missionnaires, notre peuple continuait à « danser face au soleil ».
Mais la situation actuelle est bien pire que toutes ces tentatives de destruction systématique. Les Blancs avaient essayé en vain de tuer notre foi en proclamant d’un ton triomphant la « Mort du Grand Esprit ». Mais, aujourd’hui, ils atteindront peut-être leur objectif en vendant notre religion, la pipe, la loge à sudation et en donnant au monde extérieur une fausse image de nos coutumes. Bientôt, ils vont s’imaginer pouvoir nous enseigner nos traditions et nous apprendre à utiliser le peyotl ; peut-être iront-ils jusqu’à affirmer qu’il est trop bon pour nous, stupides primitifs, et qu’ils se l’accapareront pour faire du profit en nous le revendant.
L’argent, encore l’argent, toujours l’argent ! Il n’y a pas si longtemps, on pouvait aller dans un parc national et se voir offrir gracieusement un crâne de bison pour nos cérémonies. Aujourd’hui, il faut payer car, avec le New Age, c’est devenu un objet de décoration recherché. Certains hommes-médecine bidons, dont des Indiens, vont jusqu’à demander sept cent cinquante dollars par personne pour un bain de vapeur, mille pour une quête de vision et deux mille cinq cents pour, en un week-end, transformer un Blanc crédule en homme-médecine lakota. D’autres vous déposeront en haut d’une colline, pourvu d’une pipe tape-à-l’œil et d’une plume d’aigle dans les cheveux et vous prendront jusqu’au dernier centime, alors qu’un véritable homme-médecine ne vous fera jamais rien payer. Nos cérémonies ne sont pas à vendre et, malheureusement, tous ces gens qui aiment l’argent facile portent atteinte à l’honneur de nos tribus.
Une fois, j’avais accepté de diriger une cérémonie de sudation à Santa Fe, mais j’ai aussitôt fait marche arrière lorsque l’on m’a demandé combien je prenais. Cette ignorance souille nos traditions : un bain de vapeur est bien plus qu’une simple expérience ; c’est un rite sacré qui nous relie au Créateur. Nombreuses sont les situations aberrantes auxquelles nous sommes confrontés si, à Los Angeles, vous pouvez prendre des cours collectifs de « sexualité indienne sacrée » en échange de plusieurs centaines de dollars, certains vont même jusqu’à utiliser notre médecine pour retenir un amant ou en guise d’aphrodisiaque. Ils veulent vivre de « véritables orgies indiennes ». Notre religion est alors réduite à peu de chose et devient simple objet d’échange.
Je me souviens également d’un film européen présentant la Danse du Soleil à travers le regard malade et enfiévré d’un Blanc : un seul danseur était suspendu à deux crochets de boucher avec, en guise de cache-sexe, une simple feuille de vigne. Je m’insurge contre ces profanations qui renvoient une image fausse et déformée de notre cérémonie la plus sacrée. Il n’y a là qu’exploitation par le biais du sexe et du sensationnel. Il est urgent d’y mettre un terme !
De telles situations abondent à travers le pays et chez nos voisins mexicains.
Ainsi, au Texas, une Blanche d’un certain âge est l’exemple même de la façon dont les wasichus s’immiscent dans notre médecine. Elle n’est que gentillesse et sincérité mais le fait d’avoir assisté à certaines de nos cérémonies lui est monté à la tête : elle s’imagine que Crow Dog est son grand-père et qu’« il lui a transmis un don » ; elle se croit donc habilitée à diriger des bains de vapeur, à emmener des gens en haut de la colline pour une quête de vision et à enseigner les coutumes lakotas. Avec cette éternelle rengaine : « Réservez dès maintenant. Pour cent cinquante dollars, vous pourrez, etc. Parking inclus. » Cette femme croit véritablement à ce qu’elle fait ; elle a bon cœur et fait preuve de générosité à notre égard. Mais il ne suffit pas d’avoir assisté à nos rituels pour devenir femme-médecine ou même Indienne. Des gens bien intentionnés peuvent nous faire autant de mal que nos adversaires les plus acharnés. Ce n’est pas le fait de passer quelques jours sur une réserve ou d’étudier nos traditions pendant quelques heures qui autorise qui que ce soit à organiser des simili-rites sioux.
J’ai même un ami qui, ayant assisté plusieurs fois à la Danse du Soleil, a soudain découvert son attachement à nos valeurs spirituelles et, du jour au lendemain, s’est mis à porter un nom indien. À croire que c’est une maladie contagieuse. Sans parler de ce danseur de ballet originaire de Grèce et du Proche-Orient qui se disait Indien et s’était doté d’un nom à l’avenant : pendant un temps, les Blancs l’ont considéré comme le grand porte-parole des tribus indiennes et il était devenu le chéri des médias. Lorsqu’il a fini par être dénoncé, il a simplement répondu aux journalistes qui l’interrogeaient : «Je suis indien parce que je vous le dis ! »
Tous ces gens appartiennent à la tribu des « Qui-Veulent-Être Indiens » et, souvent, ils font un mauvais usage de nos objets sacrés alors que ceux-ci doivent intervenir de façon très précise au cours de nos cérémonies.
L’hiver dernier, alors que je rendais visite à des amis californiens, j’ai fait la connaissance d’une femme blanche qui avait acheté une pipe lors d’un powwow(fête traditionnelle) et voulait s’en servir. Elle avait déjà accompli certains de nos rites mais souhaitait aller plus loin. J’ai eu l’impression qu’elle n’avait plus toute sa tête et j’ai tenté de lui expliquer combien il était important de connaître nos traditions à la perfection avant de faire usage de la pipe. Je ne voulais pas être agressive avec elle mais elle m’a fait une scène et je me suis aperçue qu’elle ignorait tout de la signification de cet objet sacré, le comparant à une espèce de cristal qui lui servirait d’intermédiaire pour communiquer avec les esprits. Je lui ai alors raconté l’origine de la pipe, ce qu’elle représentait à nos yeux et lui ai conseillé d’assister aux cérémonies en simple observatrice ; ainsi, en écoutant nos Anciens, elle apprendrait bien mieux. Je lui ai proposé de confier sa pipe à l’un d’entre eux, à qui elle pourrait parler lors de ses éventuelles visites et, finalement, elle a accepté.
Depuis des générations, nous versons sang, sueur et larmes pour défendre notre religion. Les Blancs veulent la découvrir à leur façon, sans écouter ce que nous pourrions avoir à leur dire.
Certains ont perdu leurs propres dieux et leurs âmes se sont égarées ; ils ont du mal à affronter la réalité et la mort et sont inquiets face à la dégradation de leurs villes remplis de sans-abri et à l’effondrement de leurs propres valeurs. Alors, devant toutes ces questions, ils attendent de nous une réponse que nous ne pouvons leur donner et désirent que nous remplissions le vide qui les habite.
J’aimerais dire à ces Blancs combien il est dangereux de jouer avec nos cérémonies : leur ignorance risque de leur faire du tort car les rites sacrés ont une force extraordinaire. L’attitude de ces wasichus prédit la fin prochaine de leur civilisation et je prie simplement pour que celle-ci ne nous entraîne pas avec elle.
Mary Brave Bird-Crow Dog, « Femme sioux envers et contre tout ».
Femme sioux
envers et contre tout
Un proverbe cheyenne l’affirme : « Une nation n’est pas conquise tant que le cœur de ses femmes n’est pas à terre ». Mary Brave Bird-Crow Dog nous en apporte une nouvelle fois la preuve. Après la parution de Lakota Woman qui fut saluée comme un événement d’importance aux Etats-Unis, en France et dans le monde entier, Femme sioux envers et contre tout nous donne, en effet, un bel exemple de résistance. Résistance spirituelle, mais aussi résistance active d’une Indienne et de son peuple face aux dangers qui menacent les réserves dans l’Amérique d’aujourd’hui.
Reprenant le récit de sa vie au moment des événements de Wounded Knee, Mary Brave Bird-Crovv Dog raconte son militantisme au sein de l’American Indian Movement, son action en faveur de la tradition et son combat en tant que femme, mère et indienne. Elle retrace également la période de sa vie partagée avec Leonard Crow Dog, homme-médecine et traditionaliste lakota. Avec franchise, elle conte les jours heureux et les périodes difficiles d’une existence mouvementée. Mais avant tout, c’est le destin d’un peuple à la conquête de ses droits qu’elle nous dépeint — et plus encore, les constantes difficultés des femmes indiennes à se faire reconnaître. Par l’hommage qu’elle rend au courage et à la volonté de celles-ci, par sa dignité et sa force de conviction inébranlable, Mary Brave Bird-Crow Dog confirme qu’elle est porteuse d’une voix unique et majeure dans la littérature indienne.
Source > http://bouddhanar.blogspot.fr