Documentaire « Incident à Oglala »

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Pour en savoir plus sur Leonard Peltier et les événements qui ont mené à son arrestation et sa condamnation, découvrez le documentaire « Incident à Oglala », enfin en DVD en version française ! Avec en bonus des courts-métrages réalisés par des Amérindiens, inédits en France ! Et bientôt à Paris une projection publique du film « Incident à Oglala » en présence de représentants de l’American Indian Movement qui seront en tournée en Europe à la fois pour commémorer le 40ème anniversaire de l’occupation de Wounded Knee et dans le cadre de la campagne de solidarité pour la libération de Leonard… Restez connectés !

LIEN

Coup de gueule d’une femme sioux

Notre religion n’est pas à vendre !
par Mary Brave Bird-Crow Dog
Partout aux États-Unis, et quelle que soit leur tribu, les Indiens sont en colère parce que les Blancs vendent nos cérémonies comme un passe-temps à la mode qui, peut-être, leur permettra de trouver un sens à leurs vaines existences. Notre religion est donc colportée et commercialisée par de faux hommes-médecine qui s’attribuent des noms indiens fantaisistes tels que Bison-qui-broute-sur-le-flanc-de-la-montagne, Aigle-d’or-s’élevant-dans-le-ciel ou encore Âme-libre-enveloppée-de-brume-matinale. Un gamin de dix ans vivant sur la réserve de Rosebud ne s’y laisserait pas prendre, mais il y a de quoi impressionner les crédules wasichus (blancs). À cause du New Age, le nombre de ces prétendus hommes (ou femmes)-médecine est en constante augmentation ; c’est un créneau qui peut rapporter gros, d’autant que les Indiens sont à la mode. Après la macrobiotique et le Zen, c’est au tour du « pauvre Indien en voie de disparition » d’alimenter les conversations de salon.
Ainsi, une Blanche prétend posséder des pouvoirs surnaturels que lui aurait transmis une femme-médecine et organise d’importantes conférences où, pour plus de trois cents dollars par personne, elle enseigne la sagesse et la spiritualité indiennes. Imaginez l’argent que se fait cette femme ! Des individus comme elle peuvent encaisser jusqu’à un million de dollars par an en vendant notre religion.
Cette exploitation ne date pas d’hier. Dans les années 1880 et 1890, de grosses compagnies patentées lançaient sur le marché de fausses potions indiennes censées guérir tous les maux. Je pense, entre autres, à la Great Oregon Indian Medicine Company, dont « les clients se comptaient par millions et les témoignages de reconnaissance par milliers ».
La Kickapoo Indian Medicine Company était la plus importante d’entre elles et prônait l’usage de l’« huile de serpent kickapoo », potion miraculeuse contre le ver solitaire, et de la fameuse sagwa, remède à toutes les maladies humaines connues à ce jour : « Existe-t-il quoi que ce soit qui puisse retarder, peut-être de plusieurs années, ce dernier moment avant qu’une main décharnée n’écrive votre nom sur le registre froid de la mort ? Eh bien, oui, Mesdames et Messieurs ! Prenez de la SAGWA DES INDIENS KICKAPOOS. C’est un remède infaillible. »
Cette compagnie avait installé des villages indiens publicitaires composés de douzaines de wigwams (tentes) où le public pouvait assister à la préparation du breuvage magique. Ses représentants de commerce étaient tous d’anciens éclaireurs renommés pour avoir combattu les Indiens et qui, « par leur courage en temps de guerre avaient acquis un tel ascendant sur l’Homme Rouge, qu’il leur avait bien volontiers cédé toute autorité ». La plupart des « acteurs indiens » participant au spectacle n’étaient pas kickapoos, certains étaient même d’origine péruvienne. La réserve des Kickapoos, en fait désertée et d’une extrême pauvreté, y était représentée comme un « véritable jardin d’Éden habité par une race primitive, bienveillante et noble, capable de sonder les secrets de la nature ». Pendant des années, la sagwa et l’huile de serpent kickapoo ont fait gagner des millions de dollars à cette compagnie. Aujourd’hui, la situation n’est pas très différente de ce qu’elle était alors.
La religion indienne est au centre de ma vie, elle représente le côté spirituel de mon être et fait partie intégrante de mon héritage. Elle m’a aidé à survivre. D’où ma colère lorsque je la vois profanée, exploitée, interprétée de façon erronée, vendue et achetée. Ces imposteurs trahissent nos croyances, falsifient nos traditions et donnent une représentation caricaturale et grotesque de nos rituels. Pour préserver notre foi de la souillure, on devrait interdire aux Blancs d’organiser des cérémonies indiennes. Afin de les mettre à l’abri des regards hébétés ou moqueurs, nous devrions également récupérer les sacs-médecine et autres objets sacrés qui nous ont été dérobés il y a des années et qui sont exposés aujourd’hui dans des musées ou dans des collections privées.
Avant les années trente, nous avions l’interdiction de prier dans notre langue et nos rites étaient proscrits. D’après la législation en vigueur, nous pouvions être emprisonnés pour avoir participé à l’inipi ; malgré cela, nos croyances survivaient dans la clandestinité et, dans des endroits cachés, loin du regard des missionnaires, notre peuple continuait à « danser face au soleil ».
Mais la situation actuelle est bien pire que toutes ces tentatives de destruction systématique. Les Blancs avaient essayé en vain de tuer notre foi en proclamant d’un ton triomphant la « Mort du Grand Esprit ». Mais, aujourd’hui, ils atteindront peut-être leur objectif en vendant notre religion, la pipe, la loge à sudation et en donnant au monde extérieur une fausse image de nos coutumes. Bientôt, ils vont s’imaginer pouvoir nous enseigner nos traditions et nous apprendre à utiliser le peyotl ; peut-être iront-ils jusqu’à affirmer qu’il est trop bon pour nous, stupides primitifs, et qu’ils se l’accapareront pour faire du profit en nous le revendant.
L’argent, encore l’argent, toujours l’argent ! Il n’y a pas si longtemps, on pouvait aller dans un parc national et se voir offrir gracieusement un crâne de bison pour nos cérémonies. Aujourd’hui, il faut payer car, avec le New Age, c’est devenu un objet de décoration recherché. Certains hommes-médecine bidons, dont des Indiens, vont jusqu’à demander sept cent cinquante dollars par personne pour un bain de vapeur, mille pour une quête de vision et deux mille cinq cents pour, en un week-end, transformer un Blanc crédule en homme-médecine lakota. D’autres vous déposeront en haut d’une colline, pourvu d’une pipe tape-à-l’œil et d’une plume d’aigle dans les cheveux et vous prendront jusqu’au dernier centime, alors qu’un véritable homme-médecine ne vous fera jamais rien payer. Nos cérémonies ne sont pas à vendre et, malheureusement, tous ces gens qui aiment l’argent facile portent atteinte à l’honneur de nos tribus.
Une fois, j’avais accepté de diriger une cérémonie de sudation à Santa Fe, mais j’ai aussitôt fait marche arrière lorsque l’on m’a demandé combien je prenais. Cette ignorance souille nos traditions : un bain de vapeur est bien plus qu’une simple expérience ; c’est un rite sacré qui nous relie au Créateur. Nombreuses sont les situations aberrantes auxquelles nous sommes confrontés si, à Los Angeles, vous pouvez prendre des cours collectifs de « sexualité indienne sacrée » en échange de plusieurs centaines de dollars, certains vont même jusqu’à utiliser notre médecine pour retenir un amant ou en guise d’aphrodisiaque. Ils veulent vivre de « véritables orgies indiennes ». Notre religion est alors réduite à peu de chose et devient simple objet d’échange.
Je me souviens également d’un film européen présentant la Danse du Soleil à travers le regard malade et enfiévré d’un Blanc : un seul danseur était suspendu à deux crochets de boucher avec, en guise de cache-sexe, une simple feuille de vigne. Je m’insurge contre ces profanations qui renvoient une image fausse et déformée de notre cérémonie la plus sacrée. Il n’y a là qu’exploitation par le biais du sexe et du sensationnel. Il est urgent d’y mettre un terme !
De telles situations abondent à travers le pays et chez nos voisins mexicains.
Ainsi, au Texas, une Blanche d’un certain âge est l’exemple même de la façon dont les wasichus s’immiscent dans notre médecine. Elle n’est que gentillesse et sincérité mais le fait d’avoir assisté à certaines de nos cérémonies lui est monté à la tête : elle s’imagine que Crow Dog est son grand-père et qu’« il lui a transmis un don » ; elle se croit donc habilitée à diriger des bains de vapeur, à emmener des gens en haut de la colline pour une quête de vision et à enseigner les coutumes lakotas. Avec cette éternelle rengaine : « Réservez dès maintenant. Pour cent cinquante dollars, vous pourrez, etc. Parking inclus. » Cette femme croit véritablement à ce qu’elle fait ; elle a bon cœur et fait preuve de générosité à notre égard. Mais il ne suffit pas d’avoir assisté à nos rituels pour devenir femme-médecine ou même Indienne. Des gens bien intentionnés peuvent nous faire autant de mal que nos adversaires les plus acharnés. Ce n’est pas le fait de passer quelques jours sur une réserve ou d’étudier nos traditions pendant quelques heures qui autorise qui que ce soit à organiser des simili-rites sioux.
J’ai même un ami qui, ayant assisté plusieurs fois à la Danse du Soleil, a soudain découvert son attachement à nos valeurs spirituelles et, du jour au lendemain, s’est mis à porter un nom indien. À croire que c’est une maladie contagieuse. Sans parler de ce danseur de ballet originaire de Grèce et du Proche-Orient qui se disait Indien et s’était doté d’un nom à l’avenant : pendant un temps, les Blancs l’ont considéré comme le grand porte-parole des tribus indiennes et il était devenu le chéri des médias. Lorsqu’il a fini par être dénoncé, il a simplement répondu aux journalistes qui l’interrogeaient : «Je suis indien parce que je vous le dis ! »
Tous ces gens appartiennent à la tribu des « Qui-Veulent-Être Indiens » et, souvent, ils font un mauvais usage de nos objets sacrés alors que ceux-ci doivent intervenir de façon très précise au cours de nos cérémonies.
L’hiver dernier, alors que je rendais visite à des amis californiens, j’ai fait la connaissance d’une femme blanche qui avait acheté une pipe lors d’un powwow(fête traditionnelle) et voulait s’en servir. Elle avait déjà accompli certains de nos rites mais souhaitait aller plus loin. J’ai eu l’impression qu’elle n’avait plus toute sa tête et j’ai tenté de lui expliquer combien il était important de connaître nos traditions à la perfection avant de faire usage de la pipe. Je ne voulais pas être agressive avec elle mais elle m’a fait une scène et je me suis aperçue qu’elle ignorait tout de la signification de cet objet sacré, le comparant à une espèce de cristal qui lui servirait d’intermédiaire pour communiquer avec les esprits. Je lui ai alors raconté l’origine de la pipe, ce qu’elle représentait à nos yeux et lui ai conseillé d’assister aux cérémonies en simple observatrice ; ainsi, en écoutant nos Anciens, elle apprendrait bien mieux. Je lui ai proposé de confier sa pipe à l’un d’entre eux, à qui elle pourrait parler lors de ses éventuelles visites et, finalement, elle a accepté.
Depuis des générations, nous versons sang, sueur et larmes pour défendre notre religion. Les Blancs veulent la découvrir à leur façon, sans écouter ce que nous pourrions avoir à leur dire.
Certains ont perdu leurs propres dieux et leurs âmes se sont égarées ; ils ont du mal à affronter la réalité et la mort et sont inquiets face à la dégradation de leurs villes remplis de sans-abri et à l’effondrement de leurs propres valeurs. Alors, devant toutes ces questions, ils attendent de nous une réponse que nous ne pouvons leur donner et désirent que nous remplissions le vide qui les habite.
J’aimerais dire à ces Blancs combien il est dangereux de jouer avec nos cérémonies : leur ignorance risque de leur faire du tort car les rites sacrés ont une force extraordinaire. L’attitude de ces wasichus prédit la fin prochaine de leur civilisation et je prie simplement pour que celle-ci ne nous entraîne pas avec elle.
Mary Brave Bird-Crow Dog, « Femme sioux envers et contre tout ».
Femme sioux
envers et contre tout
Un proverbe cheyenne l’affirme : « Une nation n’est pas conquise tant que le cœur de ses femmes n’est pas à terre ». Mary Brave Bird-Crow Dog nous en apporte une nouvelle fois la preuve. Après la parution de Lakota Woman qui fut saluée comme un événement d’importance aux Etats-Unis, en France et dans le monde entier, Femme sioux envers et contre tout nous donne, en effet, un bel exemple de résistance. Résistance spirituelle, mais aussi résistance active d’une Indienne et de son peuple face aux dangers qui menacent les réserves dans l’Amérique d’aujourd’hui.
Reprenant le récit de sa vie au moment des événements de Wounded Knee, Mary Brave Bird-Crovv Dog raconte son militantisme au sein de l’American Indian Movement, son action en faveur de la tradition et son combat en tant que femme, mère et indienne. Elle retrace également la période de sa vie partagée avec Leonard Crow Dog, homme-médecine et traditionaliste lakota. Avec franchise, elle conte les jours heureux et les périodes difficiles d’une existence mouvementée. Mais avant tout, c’est le destin d’un peuple à la conquête de ses droits qu’elle nous dépeint — et plus encore, les constantes difficultés des femmes indiennes à se faire reconnaître. Par l’hommage qu’elle rend au courage et à la volonté de celles-ci, par sa dignité et sa force de conviction inébranlable, Mary Brave Bird-Crow Dog confirme qu’elle est porteuse d’une voix unique et majeure dans la littérature indienne.
Source > http://bouddhanar.blogspot.fr

26 décembre 1862. 303 Sioux condamnés à mort dans le Minnesota.

26 décembre 1862. Sur 303 Sioux condamnés à mort dans le Minnesota, seuls 38 sont pendus.

 

Réduites à la famine par Washington, les tribus sioux se révoltent, tuant 500 Blancs. Les meneurs sont pendus et les autres exilés.

 

Les Sioux du Minnesota.Les Sioux du Minnesota. © DR

C’est un record digne du Guinness : 38 guerriers sioux pendus simultanément, le 26 décembre 1862. Ce qu’il y a de rageant, c’est que les organisateurs de ce beau spectacle visaient bien plus haut : ils avaient prévu 303 pendaisons. Le record aurait alors été sensationnel ! Si seulement Abraham Lincoln n’avait pas flanché au dernier moment en graciant 265 Indiens, tous condamnés pour avoir participé à une insurrection ayant fait cinq cents morts parmi les fermiers blancs et les soldats du Minnesota et du Dakota.

Reconnaissons néanmoins que la mise en scène de l’exécution des trente-huit condamnés a de la gueule. À neuf heures, le chef marshal Joseph R. Brown prend livraison de sa troupe de « danseurs au bout d’une corde » à la prison de la ville de Mankato, dans le Minnesota. Les soldats lient les mains de chacun d’eux et leur passent une cagoule sur la tête. À titre personnel, le marshal rajouteChristophe Hondelatte, condamné pour crime contre la musique. Les Sioux sont conduits en file, forcément indienne, jusqu’à l’immense échafaud bâti à l’extérieur de la prison. Tout en marchant, ils se mettent à chanter pour se donner du courage.

Les soldats les aident à monter sur l’échafaud et à se placer sur les trente-huit cordes réparties tout autour de la plate-forme. Puis ils leur passent les noeuds coulants autour du cou. Deux cordes inutiles se balancent dans le vent glacé. Plusieurs rangs de soldats entourent l’échafaud. Quelques dizaines de civils se sont rassemblés, la plupart sont des victimes de l’insurrection indienne, ayant perdu un parent, un proche. Certains n’ont absolument plus rien, leur maison étant réduite en cendres. C’est avec joie qu’ils assistent à cette pendaison collective, mais la vision de ces 38 hommes avec la corde au cou impressionne. La foule est calme, pas d’imprécation. Il n’y a pas d’homme saoul, car le commandant de la prison a pris soin d’ordonner la fermeture du seul débit de boisson.

Cadavres alignés

Les trente-huit hommes s’apprêtant à rejoindre leurs ancêtres entonnent le chant de la mort des Dakotas (qui font partie des Sioux) en hurlant des « hi-yi-yi ». Ils se balancent d’avant en arrière, faisant osciller l’échafaud avec eux. Cela prend aux tripes. Même Copé sanglote dans un coin. Le marshal leur donne l’ordre de la fermer. Ils explosent alors en cris discordants. Certains veulent qu’on leur enlève leur capuche, d’autres crient leur nom et celui de leurs amis. « Je suis là ! » Quelques-uns parviennent à desserrer leurs liens pour saisir la main de leur voisin.

À 10 heures, trois roulements de tambour déclenchent le silence. Acteurs et spectateurs partagent la même émotion. Puis les guerriers se remettent à crier. Il est temps de donner le signal de l’exécution. Le marshal fait signe de sectionner la corde qui maintient en place les trente-huit trappes sur lesquelles se trouvent les condamnés. Il en a confié la responsabilité à un homme dont les deux enfants ont été tués par les Sioux. Armé d’un long couteau, il peine à trancher la corde. Enfin, les trappes s’ouvrent. Les trente-huit corps plongent dans le vide, les mains se séparent brutalement, les nuques se brisent. Le silence retombe sur l’échafaud. Une corde rompt sous le poids de son cadavre qui s’écrase sur le sol gelé. Des soldats accourent pour le raccrocher. La foule peut enfin pousser des cris de joie. Vengeance ! À 10 h 10, le dernier Indien est déclaré mort. Les cadavres sont bientôt alignés sur le sol. Une charrette vient les prendre pour les emporter sur la berge de la Blue Earth River où deux grandes fosses ont été creusées au pied des saules. Des missionnaires épiscopaliens, presbytériens et catholiques romains disent une dernière prière. Ces croque-morts de Dieu avaient réussi, la veille, à baptiser tous les Sioux, sauf deux.

Colons blancs

Cette exécution record met fin à la guerre des Sioux, qui commence officiellement le 17 août 1862, quand les hommes partent sur le sentier de la guerre pour chasser de la vallée du Minnesota les envahisseurs. Ce jour-là, ils tuent cinq Blancs. Si la colonisation rampante de leurs terres préoccupe terriblement les Sioux, il y a pire encore ! Leurs familles crèvent de faim, car le gouvernement américain verse avec de plus en plus de retard les annuités dues pour l’achat d’une partie de leur territoire. Les commerçants, qui touchent directement l’argent en leur nom, ne veulent plus leur faire crédit. En vain, les Sioux s’adressent à l’agence indienne pour réclamer leur argent. Au fil des années, la colère gronde sous les tipis. Le président Lincoln leur envoie Montebourg qui promet de nationaliser les commerçants sans que cela les calme. Comme c’est bizarre… Chaque hiver, la famine règne. Lors d’une tentative de conciliation, le représentant des négociants s’exclame à propos des Dakotas : « Aussi longtemps que je serai concerné, affamés qu’ils sont, je leur ferai manger de l’herbe. » Face à ce mur, le conseil des tribus décide de partir sur le sentier de la guerre.

Quatre jours après l’attaque du 17 août, des guerriers sioux prennent d’assaut l’agence américaine de Redwood, tuant 44 Blancs et en capturant dix autres. Le lendemain, encore 16 fermiers sont tués dans la bourgade de New Ulm et aux alentours. La révolte se propage, les Indiens attaquent le fort Ridgely qui parvient à résister. Le 23 août, New Ulm est pillée et brûlée. À nouveau, une centaine de morts et de blessés dans la cité. Environ 2 000 colons blancs s’enfuient pour trouver refuge à Mankato, située à 50 kilomètres de là. Le colonel Sibley est chargé par le gouverneur d’enrôler des volontaires chez les colons pour combattre les Sioux. La première bataille se solde par une victoire des Indiens. Le général John Pop, commandant des troupes dans le Nord-Ouest, est alors chargé de régler le problème. Après avoir mené une bataille décisive et pris 1 200 Indiens en otages, le général obtient la reddition des Sioux.

Armés de haches et de couteaux

 

Au cours des 37 jours d’insurrection, les guerriers indiens ont tué quelque 500 Blancs contre 60 morts dans leurs rangs. Le colonel Sibley entreprend de juger les coupables. Durant six semaines, les procès de 393 Dakotas se succèdent à un train d’enfer. On ne chôme pas. Un peu plus de trois cents d’entre eux sont condamnés à la pendaison. Néanmoins, le président Lincoln, inquiet du nombre de condamnations, exige de ne rien mettre en train avant son feu vert. Même s’il peut compter sur le soutien de Poutine au Conseil de sécurité, il ne veut pas trop tirer sur la corde… En novembre, il demande le dossier d’accusation de chacun des Sioux. Il faut faire vite, car les victimes des Sioux commencent à s’impatienter. Plus de sept cents d’entre elles, armées de haches et de couteaux, attaquent le camp où les Dakotas condamnés sont emprisonnés. Les soldats parviennent à les désarmer avant un massacre. Enfin, le 6 décembre, le président Lincoln rend son verdict, confirmant la condamnation de seulement 39 prisonniers, ceux accusés des pires exactions. Le sort de l’un d’entre eux est mis en suspens en attendant davantage d’informations sur son rôle durant le soulèvement. Le 24 décembre, les Dakotas sont autorisés à voir une dernière fois leurs familles. Le surlendemain, ils sont conduits sur leur lieu de supplice.

En avril 1863, le Congrès déloge les dernières tribus du Minnesota pour les expédier dans le Dakota du Sud. Les prisonniers non exécutés sont envoyés dans un autre camp dans l’Iowa où ils seront libérés en mars 1866. Pour autant, les guerres indiennes se poursuivent sporadiquement, elles s’achèveront définitivement avec la bataille de Wounded Knee, dans le Dakota du Sud, en 1890.

Source > http://www.lepoint.fr

Mort de Mr Russell Means

 

Le militant Sioux/Lakota Russell Means, qui a attiré l’attention du grand public sur les revendications des Indiens d’Amérique dans les années 1970 avec A.I.M avant de jouer dans des films comme Le Dernier des Mohicans, est décédé lundi 22 octobre à l’âge de 72 ans d’une longue maladie.

« Notre père et mari marche à présent aux côtés de nos ancêtres », a écrit sa famille dans un communiqué diffusé sur le site internet de Russell Means. « Il a entamé ce voyage vers le monde des esprits à 04 h 44, avec l’Etoile du Matin, dans son ranch de Porcupine », dans le Dakota du Sud (nord des Etats-Unis)« .

 

Né en 1939 dans la réserve de Pine Ridge dans le Dakota du Sud, le militant est le fils aîné de Hank Means, un Sioux Oglala, et de Theodora « Feather » Means, une Sioux Yankton. La famille déménage alors qu’il est très jeune en Californie, et en 1968 il rejoint l’American Indian Movement.

En 1973 il conduit l’occupation durant 71 jours de Wounded Knee, lieu d’une triste opération militaire de 1890 au cours de laquelle près de 350 Amérindiens de la tribu Lakota furent tués par l’armée des Etats-Unis.

En 1992, il incarne le chef Chingachgook dans Le Dernier des Mohicans (Michael Mann). Russell Means a fait ensuite des apparitions dans Tueurs nés (Oliver Stone) et dans la série Into the West. Il a également prêté sa voix au père de Pocahontas dans le dessin animé de Disney.

Jusqu’à sa mort, l’acteur, atteint d’un cancer, est resté fidèle à son engagement. Dans une note écrite deux jours avant sa mort, il appelait ses fans à dédier une partie de leur temps « au travail sur lequel j’ai tenté de m’engager toute ma vie : la libération et la liberté pour mon peuple Lakota, pour toutes les populations indigènes, et, en fait, pour tous les gens ».

 

Léonard Peltier, plus vieux pri­sonnier poli­tique au monde : question parlementaire.

Le 26 juin 2012, le sénateur Bert Anciaux (SP-a) a posé une question par­le­men­taire au ministre des Affaires étran­gères, Didier Reynders, au sujet du militant amérindien Leonard Peltier, le plus vieux prisonnier politique du monde, âgé aujourd’hui de 68 ans. Ce 10 octobre 2012, la réponse vient de parvenir…

 

Une photo récente de Leonard Peltier empri­sonné aux États-Unis depuis… 1977 !

 

La question parlementaire

En 1977, Leonard Peltier, un militant amé­rindien, membre du « Mou­vement indien amé­ricain » (AIM), a été condamné à deux peines à per­pé­tuité pour l’assassinat de deux agents du FBI au cours d’un conflit dans la réserve indienne de « Pine Ridge ».

Plu­sieurs éléments indiquent que le procès de Peltier n’était pas juste. Il est un fait avéré que le FBI a utilisé une preuve auto­fa­briquée, que les témoins ont été contraints, et que des preuves impor­tantes en faveur de l’accusé n’ont jamais été uti­lisées au cours du procès.

Amnesty Inter­na­tional réper­torie ce cas dans les « procès inéqui­tables » dans son rapport de 2010 sur les États-Unis. Compte tenu de sa longue peine, du doute et du contexte dans lequel ces faits se sont pro­duits, Amnesty plaide pour la libé­ration condi­tion­nelle de Peltier.

Les prin­cipaux obs­tacles à la justice dans cette affaire ne semblent pas porter sur la nature de l’affaire, mais sont plutôt de nature ins­ti­tu­tion­nelle et idéo­lo­gique. Après tout, la libé­ration de Leonard Peltier implique ceci :

  • la recon­nais­sance du fait que le FBI était bien cou­pable de per­sé­cu­tions poli­tiques en les orga­nisant dans les années 1960 et 1970 (ce qui, soit dit en passant, a déjà été confirmé par une com­mission d’enquête du Congrès dirigé par Douglas Pike) ;
  • la recon­nais­sance du fait que le système judi­ciaire amé­ricain a des lacunes structurelles.

Il est à craindre que la révision du procès (et un acquit­tement) conduirait à une ava­lanche de recours.

Depuis qu’il a été condamné, Leonard Peltier est devenu le symbole de la façon dont le gou­ver­nement et la majorité blanche des États-Unis traitent les peuples autoch­tones des États-Unis.

Plu­sieurs chefs de gou­ver­nement et des per­son­na­lités ont expli­ci­tement exprimé leur soutien à Peltier. En outre, les par­le­ments euro­péens et belges ont demandé, par voie de réso­lu­tions, une révision du procès et la grâce pré­si­den­tielle pour Peltier.

A ce sujet, les questions sont les suivantes :

1) Quelles ont été les réponses aux réso­lu­tions qui ont été adoptées par la Chambre belge des repré­sen­tants res­pec­ti­vement le 13 mars 1997 et le 29 juin 2000 ? La Bel­gique a-t-elle pris position et ces réso­lu­tions ont-elles été remises aux États-Unis ? Si oui, quelles sont les suites ? Y a-t-il eu une réaction des Etats-Unis à la demande (a) de clé­mence et (b) d’enquête appro­fondie sur le procès ?

2) Est-ce que le ministre est prêt à exprimer son inquiétude quant à l’équité du procès, et à renou­veler la demande d’une enquête appro­fondie sur le dérou­lement du procès contre Peltier ?


— > Plus d’infos sur les cir­cons­tances de l’affaire Leonard Peltier, dans la vidéo ci-dessous.


La réponse du ministre

J’ai pris connais­sance avec attention de votre question écrite relative au sort du militant amé­rindien Léonard Peltier, condamné à une double peine d’emprisonnement à vie en1977 pour l’assassinat, sous forme d’exécution, de deux agents du FBI, au début des années 1970, dans la réserve de « Pine Ridge », dans le Dakota du Sud.

C’est également avec grand intérêt que je considère les deux réso­lu­tions, adoptées en1997 et en 2000, de la Chambre des Repré­sen­tants. Ces réso­lu­tions sou­tiennent les appels, émanant de par­le­men­taires amé­ri­cains, à une libé­ration condi­tion­nelle de M. Peltier ou, à défaut, à une grâce présidentielle.

Les réso­lu­tions de la Chambre des Repré­sen­tants sou­tiennent en outre la pro­po­sition de membres du Congrès des Etats-Unis d’organiser une audition par­le­men­taire afin de faire toute la lumière sur les cir­cons­tances qui ont mené à l’inculpation de M. Peltier pour homicide puis pour assassinat.

Sur cette question, je considère que le principe de la sépa­ration des pou­voirs doit être res­pecté et que si la justice amé­ri­caine n’accorde pas à Mon­sieur Peltier une libé­ration condi­tion­nelle, la seule alter­native est celle d’une grâce présidentielle.

Je note cependant à ce propos que le pré­sident Clinton, qui avait promis d’examiner le dossier Peltier, a achevé son second mandat, en janvier 2001, sans accorder de grâce pré­si­den­tielle à Leonard Peltier.

Je n’ai cependant pas de raison de douter que si l’actuel pré­sident des Etats-Unis l’estime jus­tifié, il prendra une décision en ce sens en tenant compte de tous les éléments.

Mes services continueront à suivre ce dossier avec attention.

 

Source > http://www.lesvoiesdelaliberte.be

Contre la ‘Journée de Christophe Colomb’: DECLARATION DE LEONARD PELTIER.

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La Déclaration de Leonard pour la Journée des Autochtones 2012 (12 octobre 2012)

Traduction Christine Prat

Je salue mes parents et amis, vous qui me soutenez !

Je sais que je répète cette phrase tout le temps, mais en réalité, vous êtes tous mes parents et je vous apprécie. Je ne pourrais jamais le dire assez. Certains membres de notre peuple, tout comme nous-mêmes ont décidé d’appeler ce jour Journée des Autochtones au lieu de Columbus Day [ Journée de Christophe Colombe ] et cela me fait vraiment penser à comment tant de gens peuvent encore célébrer Colombe, un tueur de masse cruel, qui lors de son dernier voyage aux Amériques, d’après ce que j’ai lu, a été arrêté par ses propres hommes pour avoir été trop cruel. Quand vous considérez toutes ces sortes de cruauté contre notre Peuple et son statut, vous vous demandez jusqu’à quel niveau il avait porté sa cruauté. Et avec tout ce savoir historique accessible, des gens veulent encore célébrer et tenir en haute estime ce meurtrier.

Si nous devions célébrer une Journée de Hitler, ou de Mussolini, ou autre meurtrier et auteur de violence et de génocide, çà susciterait une vague de condamnation générale. Ce serait comme célébrer la Journée de Bush en Iraq. C’est triste à dire, mais le fait de mentionner Colombe dans mes commentaires lui accorde aussi plus de reconnaissance qu’il ne faudrait. Donc je suis d’accord de tout mon cœur avec tous ceux d’entre vous là-bas qui ont choisi d’appeler ce jour la Journée des Autochtones. Si je n’étais pas Amérindien, ou comme certains disent maintenant – Autochtone, j’aimerais quand même nos traditions et je me tiendrais à nos traditions et je chérirais nos traditions. Je vois nos traditions comme la voie pour le futur, pour le monde. Avec d’autres, j’ai dit et répété, et notre Peuple avant nous, cette terre est notre Mère. Cette terre est la vie. Et tout ce que vous prenez à la terre crée une dette qui devra être payée un jour dans le futur par quelqu’un.

En parlant de nos traditions, je ne peux m’empêcher de penser aux moments passés dans notre tente de sudation [sweat lodge] au cours desquels je ressens que nous pourrions être n’importe où, que nous sommes avec les Peuples Autochtones, à ce moment, dans ces moments de nos prières et dans nos cœurs il n’y a pas de distance entre nous. Je ne suis plus en prison en Floride. Je peux être sur la prairie dans le Dakota du Sud ou dans une tente en Colombie Britannique ou en Amérique du Sud. Ou même avec certains de mes enfants dans la tente de sudation familiale. Nous devons tous être pleins de gratitude pour ce que nous avons mais nous ne pouvons pas nous permettre d’oublier ce qui nous a été pris. Il n’y a aucun degré de liberté que je pourrais recevoir personnellement qui pourrait constituer une restitution suffisante pour tout ce qu’ils m’ont pris. Mais si d’une certaine manière mon incarcération et mes sacrifices pour ceux de notre Peuple qui étaient là avant moi et tout au long de notre histoire Autochtone peut servir de voie pour un futur plus brillant, une terre plus saine, et pour la vie de toute l’humanité ; si çà pouvait nous rassembler dans une vision unifiée pour protéger le futur de notre Peuple, de nos enfants et de toutes les générations futures sur la terre, alors çà aura largement valu la peine.

La Journée Autochtone devrait devenir une manière de vivre comprenant tout ce qui défend la vie, pas seulement quelques jours par an. Si vous êtes d’une manière ou d’une autre avec quiconque vit autour de vous, embrassez ceux que vous aimez de ma part. Protégez votre liberté avec zèle. Sauvez Notre Mère la Terre où vous pouvez. Faites souvent la cérémonie de sudation et sachez que cet homme ordinaire, Leonard Peltier, sera toujours avec vous dans la lutte, d’une manière ou d’une autre.

Que le Grand Esprit vous accorde les choses dont vous avez besoin, en quantité suffisante pour partager.

Dans l’esprit de Crazy Horse, Osceola, Geronimo, Chief Seattle et tous les nombreux autres qui ont lutté pour ce qui est juste et tenté de redresser ce qui était mal.

Mitakuye Oyasin.

Leonard Peltier

 

Source: http://www.chrisp.lautre.net

21 JUIN 2012 (jour de paix dans le monde et de prière – WORLD PEACE AND PRAYER DAY)

« C’est la vie quotidienne pour nous que nous détenons grand-mère la Terre sacrée, nous tenons les arbres et les plantes, tout a un esprit. Nous avons besoin de gens d’être très respectueux les uns des autres. Le Grand Esprit nous a mis ici tous ensemble. Si nous voulons survivre, nous devons avoir l’esprit et la compassion. Le Juin 21, nous demandons aux gens d’aller à leurs lieux sacrés ou des espaces sacrés pour prier.  »

Chef Arvol Looking Horse , gardien 19ème génération du Sacré White Buffalo Calf tuyaux

“It’s everyday life for us that we hold Grandmother Earth sacred, we hold the trees and the plants, everything has a spirit. We need people to be really respectful for each other. The Great Spirit put us here all together. If we’re going to survive, we need to have spirit and compassion. On June 21 we’re asking people to go to their sacred places or sacred spaces to pray.”

Chief Arvol Looking Horse, 19th generation Keeper of the Sacred White Buffalo Calf Pipe

Grand Esprit, le Grand Esprit, mon grand-père, toute la terre les visages des êtres vivants sont tous pareils … Regardez ces visages d’enfants sans nombre et avec les enfants dans leurs bras, qu’ils puissent faire face aux vents et marcher sur la bonne route le jour de la tranquillité.

Black Elk (1863-1950) Oglala Sioux

Great Spirit, Great Spirit, my grandfather, all the earth the faces of living things are all alike … Look at these faces of children without number and with children in their arms, they may face the winds and walk on track the day of peace.

Black Elk (1863-1950) Oglala Sioux