Le militant Sioux/Lakota Russell Means, qui a attiré l’attention du grand public sur les revendications des Indiens d’Amérique dans les années 1970 avec A.I.M avant de jouer dans des films comme Le Dernier des Mohicans, est décédé lundi 22 octobre à l’âge de 72 ans d’une longue maladie.

« Notre père et mari marche à présent aux côtés de nos ancêtres », a écrit sa famille dans un communiqué diffusé sur le site internet de Russell Means. « Il a entamé ce voyage vers le monde des esprits à 04 h 44, avec l’Etoile du Matin, dans son ranch de Porcupine », dans le Dakota du Sud (nord des Etats-Unis)« .

 

Né en 1939 dans la réserve de Pine Ridge dans le Dakota du Sud, le militant est le fils aîné de Hank Means, un Sioux Oglala, et de Theodora « Feather » Means, une Sioux Yankton. La famille déménage alors qu’il est très jeune en Californie, et en 1968 il rejoint l’American Indian Movement.

En 1973 il conduit l’occupation durant 71 jours de Wounded Knee, lieu d’une triste opération militaire de 1890 au cours de laquelle près de 350 Amérindiens de la tribu Lakota furent tués par l’armée des Etats-Unis.

En 1992, il incarne le chef Chingachgook dans Le Dernier des Mohicans (Michael Mann). Russell Means a fait ensuite des apparitions dans Tueurs nés (Oliver Stone) et dans la série Into the West. Il a également prêté sa voix au père de Pocahontas dans le dessin animé de Disney.

Jusqu’à sa mort, l’acteur, atteint d’un cancer, est resté fidèle à son engagement. Dans une note écrite deux jours avant sa mort, il appelait ses fans à dédier une partie de leur temps « au travail sur lequel j’ai tenté de m’engager toute ma vie : la libération et la liberté pour mon peuple Lakota, pour toutes les populations indigènes, et, en fait, pour tous les gens ».