Il était une fois une Fille de Chef, honorée de tant de gens que chacun savait qu’elle appartenait à une famille puissante.

Devenue femme,elle se maria et mit au monde des jumeaux.Au campement de son père on organisa de grandes réjouissances,et toutes les femmes vinrent voir les bébés.Elle était très heureuse!

Comme les enfants grandissaient,leur Grand-Mère fabriqua un bissac pour eux,et elle choisit un âne pour les transporter. »Mes petits-fils »,disait-elle, »voyagerons comme il sied à des enfants si honorés!Voyez cet âne: il est patient et son pied est sur.Il portera les bébés dans le bissac,chacun d’un coté de son dos. »

Il advint qu’un jour la Fille de Chef et son époux décidèrent de faire leurs préparatifs pour changer de lieu de campement.Le père- les jumeaux faisaient sa fierté!-avait sélectionné pour eux son plus beau poney,et sur son dos il sangla soigneusement le bissac.

« Voilà! »dit-il »Mes fils chevaucherons ce poney,pas un âne!Que l’âne porte les pots et les marmites! »

Sa femme entreprit alors de charger l’âne des ustensiles du ménage.Elle lia les perches du tipi en deux faisceaux qu’elle fixa de chaque coté de l’âne,entre eux elle installa le filet de travois et mit dedans pots et bouilloires,puis elle ficela les peaux de couverture de la tente en travers de son dos.

Elle avait à peine terminé que l’âne se mit à reculer,braire et ruer furieusement.Il brisa les perches du tipi et réduisit les poteries en miettes et déchira la tente.Plus on le battait,plus il ruait!

A la fin ils coururent avertir la Grand-Mère.Elle éclata de rire. »Ne vous avais-je pas dit que l’ane devait porter les enfants! »dit-elle »Il sait que ce sont ceux du Chef.Et vous pensiez qu’il accepterait d’être déshonoré avec des gamelles! »Et elle emmaillota les bambins dans le bissac,qu’elle installa sur le dos de l’âne,qui s’était calmé instantanément.

Enfin ils quittèrent le village et le voyage commença.Mais le jour suivant,alors qu’ils passaient par un endroit encombré de brousailles épaisses,il en surgit une bande d’ennemis,fouettant leurs montures et poussant leur Cri de Guerre.La surprise était totale!Les hommes bandèrent leurs arcs et empoignèrent leurs lances.Après un long combat,les ennemis prirent la fuite.Mais quand les voyageurs commencèrent à se rassembler-ou étaient l’ane et les bébés?Personne ne le savait.Longtemps ils les cherchèrent,mais en vain.A la fin ils reprirent le chemin du village,le père abattu,la mère en sanglots.Quand ils arrivèrent au tipi de la Grand-Mère, l’âne était là,avec les jumeaux dans leur bissac.

Marie L. McLaughlin,

Université de Virginie.

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Il y a fort longtemps, il n’y avait pas d’oiseaux et très peu d’animaux sur Terre.

Pour jouer, les enfants n’avaient que des feuilles et cela, pendant six longues lunes…

À la septième lune, Ours Blanc soufflait le froid sur les arbres et Loup Hurleur les dépouillait de toutes leurs feuilles.

Les enfants ne pouvaient plus jouer. Lorsqu’ils sortaient de la hutte à suer, après le jeûne rituel, ils ne voyaient plus aucune jolie bête dont ils pouvaient prendre le nom. Car c’est la façon de reconnaître nos petits, chacun portant le nom de l’animal ou de l’objet qu’il voit le premier en sortant de la hutte à suer.

Quand Ours Blanc et Loup Hurleur avaient passé, les enfants restaient tristes pendant plusieurs soleils. Ils ne voulaient plus manger leur sagamité (bouillie de maïs). Un jour qu’elle regardait tomber les feuilles, une petite fille s’adressa à Glouseclappe (le grand esprit). Elle lui dit  » O toi qui as fait la terre, l’eau et les petits feux qui brillent là-haut, fais autre chose si tu veux que les enfants rient et mangent leur sagamité . Glouseclappe l’entendit. Le mois des fleurs venu, après que Vent du Sud eut défait le travail de Ours Blanc, il ramassa les feuilles tombées et souffla dessus. Des oiseaux de toutes les couleurs s’envolèrent et se posèrent sur les arbres en chantant.

Puisse les oiseaux s’envoler sur le bout de vos lèvres…

Et devenir votre sourire à chaque lever du jour…

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Vieux Corbeau ferma les yeux et s’endormit paisiblement, comme un enfant, sous le ciel criblé d’étoiles. « A quoi me servent toutes ces choses, si mon coeur est vide. Je ne suis pas heureux. Je demande le bonheur. » « Nous sommes seuls et pauvres sur cette île sauvage. Je désire la richesse des hommes blancs. » Un éclair fendit l’obscurité et Jeune Corbeau aperçut, près de lui, une jolie princesse indienne. Aussitôt, Vieux Corbeau sentit frémir tout son corps et il se retrouva jeune et fort, debout près du feu. Enroulé dans sa peau d’orignal, Vieux Corbeau contemplait le ciel criblé d’étoiles. Son feu crépitait dans le silence de la nuit. Vieux Corbeau ne dormait pas ; il rêvait éveillé.

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