Le 29 novembre 1864, le Colonel John Chivington et ses 700  cavaliers attaquèrent le camp indien qui comptait 500 personnes, guerriers mais aussi femmes, vieillards et enfants. Au terme des combats, près de 270 indiens furent massacrés, contre 15 tués et 50 blessés pour les soldats américains. La violence du massacre entraîna une remise en question de la politique américaine d’extermination des amérindiens.

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Colonel John Chivington

Selon les termes du Traité de Fort Laramie de 1851, conclu entre les États-Unis et les tribus Cheyennes et Arapahos, on reconnaissait à ces derniers la propriété d’un vaste territoire comprenant les terres comprises entre les rivières North Platte et Arkansas et situées de l’est des Montagnes Rocheuses, à l’ouest du Kansas. Cette région comprenait, ce qui aujourd’hui forme le sud du Wyoming, le sud-ouest du Nebraska, l’est du Colorado, et l’extrême ouest du Kansas. La découverte d’or en novembre 1858 dans les Montagnes Rocheuses du Colorado conduisit à une ruée vers l’or d’émigrants blancs sur les terres des tribus. La découverte de l’or amena environ 100.000 prospecteurs dans les rocheuses. Les terres Cheyennes furent alors envahies en dépit du traité de Fort Laramie.Les représentants du territoire du Colorado firent pression sur les autorités fédérales afin que soient redéfinies les limites territoriales des terres indiennes.

Les Chefs Black Kettle, White Antelope, Lean Bear, Little Wolf, Tall Bear et Left Hand cheyennes du sud et quatre Arapahos, Little Raven, Storm, Shave-Head, et Big Mouth signèrent le traité de Fort Wise avec les États-Unis. Traité qui stipulait qu’ils cédaient  la plupart des terres qui leur avaient été concédées par le traité de Fort Laramie. Des Cheyennes et des Lakotas, mécontents des chefs qui avaient signé ce traité et le désavouant, refusèrent de se plier à ses contraintes.

Le 28 novembre1864, partant de Fort Lyon, le colonel Chivington avec les 1e et 3e régiments de cavalerie du Colorado, ainsi qu’une compagnie du 1e régiment de volontaires du Nouveau-Mexique, mènent un raid sur le campement indien. Dans la nuit , les soldats et miliciens s’enivrent aux alentours du camp. Le lendemain matin, Chivington ordonne à ses troupes d’attaquer. Un officier, le capitaine Silas Soule, refuse de suivre les ordres et demande à ses hommes de ne pas ouvrir le feu. Le reste des troupes attaque immédiatement, sans égards pour le drapeau des États-Unis flottant sur le camp, ni pour un drapeau blanc qui est brandi peu après les premiers coups de feu. Les soldats de Chivington massacrent la plupart des indiens présents, souvent désarmés.

Une source Cheyenne rapporte qu’environ 53 hommes et 110 femmes et enfants ont été tués. Bon nombre des cadavres sont mutilés, et pour la plupart ce sont des femmes, des enfants et des vieillards. Chivington et ses hommes coiffent leurs armes, leurs chapeaux et leur équipement de scalps et différents morceaux humains, y compris des organes génitaux, avant d’aller afficher publiquement ces trophées de bataille à l’Apollo Theater et au saloon de Denver. Quelques soldats arborant avec cynisme des parties de corps humain indiens comme des trophées.

Entre les effets de la boisson et le chaos résultant de l’assaut, la plupart de ces pertes sont imputables à des tirs amis.  Les estimations des pertes indiennes sont de 150 à 200 morts, principalement des femmes et des enfants. Lorsque Chivington rédige son témoignage qui est plus tard produit devant un comité du Congrès des États-Unis, il estime que le nombre d’indiens tués se situe plutôt entre 500 et 600, et que la grande majorité d’entre eux étaient des hommes.

Les cavaliers emportèrent une centaine de scalps qui furent exposés à l’opéra de Denver… Dans son rapport au gouverneur du Colorado, Chivington nota qu’il avait tué 500 Indiens, détruit 130 cabanes et capturé 500 mules et chevaux.

le témoignage  de ses hommes sur ce massacre oblige la tenue d’une enquête sur l’incident, qui conclut que Chivington a mal agi. Soule et les hommes qu’il commandait témoignent contre Chivington devant la cour martiale. Chivington dénonce Soule comme un menteur, et celui-ci est assassiné plus tard par un homme qui a servi sous le commandement de Chivington à Sand Creek. Certaines rumeurs de l’époque impliquent Chivington dans la réalisation de cet assassinat.

Chivington est condamné pour sa participation à ce massacre, mais il a déjà quitté l’armée, et l’amnistie générale qui succède à la guerre de Sécession fait que des accusations criminelles ne peuvent être déposées contre lui. Toutefois, un juge de l’armée déclare publiquement que Sand Creek est « une lâche boucherie exécutée avec sang-froid, suffisamment pour couvrir ses auteurs de l’indélébile infamie, et de honte et d’indignation le visage de chaque américain. »L’indignation publique est intense face à la brutalité des massacres et la mutilation des cadavres, et aurait peut être incité le Congrès des États-Unis à rejeter l’idée d’une guerre généralisée contre les Indiens du Midwest.

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L’endroit même du massacre de Sand Creek a été consacré le 28 avril 2007  lieu historique national. Près de 142 années après le massacre.

 

Ce massacre ne fut pas le seul mais seulement un massacre d’indiens parmis tant d’autres.