WASHINGTONLe président Barack Obama a promis jeudi aux tribus amérindiennes la fin "des belles paroles" et un dialogue renouvelé pour résoudre les difficultés de cette minorité "marginalisée et ignorée", au cours d’une réunion historique ou l’émotion était palpable.
"L’histoire que nous partageons, on la connaît. Une histoire marquée par la violence, la maladie, les privations. Les traités ont été violés. Les promesses rompues", a déclaré le président Obama devant les représentants des 564 tribus officiellement enregistrées aux Etats-Unis, des Cherokee de l’Oklahoma aux indiens Navajo du Nouveau-Mexique en passant par les Séminoles de Floride ou les Indiens d’Alaska.
Au cours de cette conférence tribale d’une journée au ministère de l’intérieur, la première de cette ampleur en présence d’un président en exercice, les représentants des tribus indiennes ont évoqué les multiples difficultés de leurs communautés ravagées par le chômage, l’alcoolisme, les suicides, la pauvreté et le diabète.
Les Etats-unis comptent officiellement quelque 4,5 millions d’Indiens (2 millions sans compter la mixité), soit 1,5% de la population.
Un Indien sur quatre vit dans la pauvreté. Dans certaines réserves, le taux de chômage atteint 80% et 14% des logements y sont sans électricité, selon les chiffres cités par M. Obama lui-même.
L’espérance de vie des indiens est de 4,6 ans plus courte (72,3 ans) que celle d’un Américain moyen tandis que l’alcoolisme tue six fois plus qu’ailleurs dans le pays. Les taux de mortalité par tuberculose ou par diabète sont respectivement de 750% et de 190% supérieurs à la moyenne nationale, selon les services de la santé indienne.
Quant aux suicides, ils touchent 18 individus sur 100.000 parmi les Indiens contre 11 en moyenne aux Etats-Unis.
"Le suicide est un sérieux problème en Alaska. Chez les jeunes hommes de 15 à 27 ans, il est 12 fois supérieur à la moyenne nationale. Donnez-nous des fonds pour combattre le suicide", a plaidé Bill Martin, président des Tlingit-Haida d’Alaska, avant de résumer: "beaucoup d’Indiens et d’indigènes de l’Alaska vivent dans un pays du tiers monde".
"Nous demandons que vous nous aidiez à assurer une meilleure éducation, une vie meilleure à nos enfants et nous vous aimons!", a lancé la présidente des Sioux Oglala, Tera Tibulz, devant un président Obama visiblement ému et presque décontenancé face à l’intensité des attentes de cette communauté à qui il a promis des jours meilleurs au cours de sa campagne.
Le président Obama a dévolu 3 milliards de dollars de son plan de relance à la communauté indienne pour l’aider à faire face à la crise et nommé une indienne Cherokee conseillère à la Maison Blanche pour les affaires indiennes.
Loin du folklore, pour cette réunion empreinte de gravité, peu de participants arboraient des tenues traditionnelles.
"Nous devons rétablir nos droits tribaux et changer la gestion de nos terres", a affirmé Jefferson Keel, président du Congrès national des Indiens américains, réclamant de meilleures relations avec les Etats et le gouvernement fédéral.
"C’est un événement majeur", commentait Richard Milanovich, président des Agua Caliente Band of Chuilla Indians de Californie. "Nous avons eu des réunions avant avec les présidents Clinton et Bush mais pas de cette ampleur, avec tant de dirigeants", notait ce responsable la veille de la conférence dans le journal californien Desert Sun.
"Cette conférence fait partie d’un important processus de consultation qui va renforcer notre relation de nation à nation", a-t-il ajouté alors que nombre des chefs des nations indiennes se considèrent d’un statut égal à celui du président Obama.

 

        Merci à Jean pour cet article😉