Au sommet de toute les croyances pour les sioux se tient “le créateur” appelé “wakan Tanka” (littéralement: Grand Mystère) ou Tunkashila (littéralement: Grand Esprit ou Esprit-Grand-Père)

 

Wanka Tanka est l’Esprit Universel. Il n’a pas de forme. Il n’a ressemble pas à un être humain, et l’être humain n’est pas à son image, comme cela est le cas dans la bible des chrétiens. Jamais Wakan Tanka ne reste au repos. Il est sans cesse en mouvement, et il imprègne tout. Son pouvoir habite tout ce qui vie. Pour les Sioux la création n’a ni début ni fin. Wakan Tanka ne cesse jamais de créer. (phrase en opposition encore à la bible qui dit “ dieu créa le monde en 6 jours et se reposa le 7ème”)

Il a créé les Wakanpis “les Êtres sacrés”, les “Seize Grands Mystères ou esprits surnaturels” Certains anciens déclarent que Wakan Tanka n’est pas parfait, car rien dans l’univers n’est ni ne doit être parfait.

Une des erreurs commis par Wakan Tanka est d’avoir créé le quinzième des Grands Mystères, Sichun “l’Intellect”. Sichunqui signifie également “le pouvoir” car d’une certaine manière, l’intellect et le pouvoir sont la même chose. L’homme a reçu l’intelligence, et il n’en à pas fait bon usage. C’est pourquoi le monde est dans cet état peu reluisant.

 

Les Seize Grands Mystères sont tous des faces différentes du Créateur, car, Wakan Tanka est comme seize personnes différentes.

Wakan Tanka est à lui seul le le soleil, le ciel, le roc, un ruisseau, une fleur etc…

Pour bien parler du Créateur, il faut être un Wichasha Wakan, un guide spirituel qui parle la langue sacrée et secrète d’Hanbloglaka. Il faut parler “par la pipe sacrée” c’est-à-dire ne dire que la vérité.

 

Ci-dessous un tableau, appeler la cosmogonie lakota. C’est une “carte” des seize Grand Mystères.

CCI17042009_00000

On les retrouve tous dans l’univers que renferme la loge à sudation, dont les baguettes de saule entrecroisées forment une étoile à huit branches.

 

Ils se divisent en quatre Mystère supérieurs appelés Wakan Akantu (ce qui dans notre langue signifie “"les plus Hauts”; quatre Associés ou Wakan Kolaya, ce qui veut dire Amis des Esprits, quatre subalternes nommés Wakan Kuya ou Mystère Mineurs; et quatre inférieurs appelés Wakanlapi, ceux qui sont “comme quelque chose de sacré”.

L’univers s’est créé lui-même. Wakan Tanka s’est créé lui-même, puis il a créé les seize Grand Mystères. En premier vint Wi, le soleil. Wi est celui-qui-donne-la-vie, celui-qui-apporte-la-lumière, celui-qui-réchauffe, et sans qui la Terre ne serait qu’un grand bloc de pierre, dépourvu de “chevelure d’aucune sorte”, c’est à dire plantes, végétaux etc…

#Wi symbolise le courage et la générosité. Nous prions le soleil, ce cercle à l’éclat aveuglant autour duquel tourne la Terre. Nous dansons en l’honneur de Wi.

Pourtant, même si Wi est le premier et le plus puissant des Grands Mystères, il tient son pouvoir de transmettre la chaleur et la lumière de Taku Skanskan, le “Pouvoir-qui-met-tout-en-branle”, celui qui lui permet de suivre sa trajectoire. Wi est donc puissant, mais pas tout-puissant. Et Wakan Tanka a créé Hanepi wi, le “Soleil-de-la-nuit”, ou Lune, épouse de Wi.

#Taku Skanskan, ou “skan”, pour abréger, vient juste après Wi. Il est le Mouvement, le “Pouvoir-qui-met-tout-en-branle”. C’est l’énergie personnifiée, une force qui fait tout bouger par magie. Taku Skanskan accélère la croissance des graines, qu’elles soient végétales, animales ou humaines. D’après certains anciens, c’est Skan qui se tient à l’extrémité du monde et qui montre aux esprits des morts la piste qui les conduira au monde des Esprits. On dit que c’est lui qui donne au nouveau-né sa première bouffée d’air. Il fait voler la flèche, et couler l’eau des rivières. On l’identifie au ciel, car il a pour couleur le bleu. Parfois, les pouvoirs auxquels nous donnons les noms de  Wakan Tanka, Wi et Skan peuvent sembler interchangeables, et il est difficile à un pauvre être humain de kes distinguer. Skan nous apprend que dans l’univers rien ne reste immobile, et que même dans une pierre il y a mouvement.

#Le troisième Mystère supérieur est Maka, la Terre, “l’essence de l’Esprit Maternel”, que nous appelons également Unchi ou Grand-Mère. Elle est grande pourvoyeuse de nourriture, qui permet à tous de manger, et grâce à qui plantes, arbres et maïs peuvent se développer. De son sein coule tout ce dont nous avons besoin pour vivre. c’est la bonne Terre rouge de la nation indienne, et au centre se trouve le Continent-Tortue, le foyer de tous les peuples indiens. Elle couvre toute la planète de sa “chevelure verte”, arbre, plantes et herbes. Unchi nous serre contre elle, et nous enseigne les secrets qui permettraient de sauver la planète. Nous derions tout prêts à les partager avec le monde entier, s’il était prêt à nous écouter!

Avec le Soleil, la lune et le Ciel, Unchi-Maka représente la plénitude de la forme ronde: le cercle sacré, le cercle sans fin, l’utérus, le ventre de la femme qui attent un enfant, le pot rempli d’eau, la balle  de la cérémonie du lancer-de-balle.

Nous croyons que les hommes ne sont que les gardiens de la terre, que nous devons la respecter et la transmettre intacte aux générations à venir. Nous ne pensons pas que le Terre appartienne aux l’hommes, mais au contraire que c’est nous qui lui appartenons. Nous croyons que Grand-Mère la Terre est une et indivisible, qu’elle est là pour tous, et qu’on ne peut ni en être propriétaire ni la vendre après l’avoir découpée en parcelles. Voilà l’origine de notre résistance quand on a voulu nous mettre dans des réserves et faire de nous des fermiers.

La Terre est riche en lieux sacrés, où résident des puissances invisibles. Le dôme de notre petite loge à sudation représente à la fois le Terre et l’univers tout entier. Le petit monticule sacré à l’intérieur représente Unchi, la Grand-Mère. Nous utilisons des autels en terre pendant la danse du soleil, la cérémonie Yuwipi, et d’autre encore. Quand nous jurons de dire la vérité, nous touchons la Terre pour la prendre à témoin. Selon l’enseignement nos aînés, si nous venions à mentir, notre cheval trébucherait et nous serions désarçonnés.

Les danseurs qui, il y a un siècle, participaient à la danse des Esprits, croyaient que grâce à elle et aux chants que leur avait appris Wovoka, prophète et chamane d’origine paiute, ils parviendraient à rouler comme un tapis la terre de l’homme blanc, avec ses usines nauséabondes, ses élevages industriels de cochons et de poulets, ses fils barbelés et ses poteaux télégraphiques. Il étaient persuadés qu’une fois roulée, cette masse de terre souillée laisserait apparaître le monde rouge, le monde généreux de l’indien, où l’on verrait à nouveau des troupeau de bisons, du gibier en abondance, et des tipis où vivraient ceux qui avaient été tués par les soldats blancs. Ce beau rêve devait voler en éclats à Wounded Knee, quand des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants de notre peuple furent massacrés par le 7è régiment de cavalerie, l’ancien régiment de Custer.

#Le quatrième des Êtres supérieurs est Inyan, le Roc ou la Pierre. Il représente la nature étenelle du Créateur. Un de nos proverbes affirme: “Seuls les rocs sont éternels; les hommes sont mortels.” Il y aucun mot plus ancien pour désigner le Roc, c’est Tunka, qui désigne une des formes qu’il a plu à Wakan Tanka d’adopter. C’est pourquoi nous donnons aussi au Créateur le nom de Tunkashila, ou “Grand-Père”. Tunka connaît tous les secrets, et il peut retrouver ce qui a été perdu. Inyan est “l’essence-de-l’esprit-paternel”. Toutes les pierres sont vivantes et détiennent des pouvoirs secrets. Certaines peuvent pénétrer l’ombre des pensées; l’améthyste, par exemple, pénétrera dans la partie droite du cerveau, celle où se développe la vie spirituelle, alors que le cristal transparent ira du côté gauche, où il influencera la réflexion sur la silence, la technologie ou la religion.

Inyan, ou Tunka, joue un rôle essentiel dans nos cérémonies les plus importantes. Il est présent dans les pierres chaudes qui servent au bain de vapeur de la Purification, dans les “Pierres-qui-trouvent” de la cérémonie Yuwipi, et dans les minuscules cristaux que l’on recueille dans les fourmilières et qui nous parlent lorsqu’il sont dans les calebasses de cérémonie. Dans beaucoup de nos sacs-médecine personnels, on pourrait trouver des pierres d’une rondeur parfaite; ce sont des charmes protecteurs qui éloignent le mal. Comme je l’ai déjà indiqué, Crazy Horse portait derrière l’oreille un caillou magique pour détourner les balles de fusil. Parmi les objets offerts à la nations sioux par Femme Bison Blanc figurait une pierre ronde, de couleur rouge vif, où étaient gravés sept cercles, pour représenter les Sept Rituels Sacrés du peuple sioux.

#Passons à présent aux Esprits associés. D’abord vient la Lune, qui littéralement signifie “le Soleil de la nuit”. Hanwi croît puis décline, symbole de la trajectoire de tout ce qui vit: naissance, croissance, mort. Hanwi est femme; c’est l’épouse de Wi le soleil aux rayons puissants. Elle éclaire la nuit. Elle voit tout ce qui se passe sur la Terre. Hanwi est l’Être surnaturel des femmes. Comme le disent certains anciens Hanwi est reliée à chaque femme, et à chaque créature femelle à quatre pattes, par un “cordon ombilical magique et invisible”. C’est elle qui contrôle la menstruation féminin. Nous disons qu’une femme a sa “période de lune”. Â ce moment-là, elle détient une force magique, elle a le pouvoir de la lune. Celui-ci est ci fort qu’il peut annihiler pendant un temps le pouvoir de l’homme-médecine. Nos anciens disait qu’une femme qui tannerait une peau d’ours pendant ses règles prendrait, au moins temporairement, le caractère de cet animal. Je crois avoir déjà indiqué qu’une fille qui devient femme peut recueillir ses première menstruations les placer dans la fourche d’un arbre; elle a des chances de recevoir une vision extraordinaire.

#Le deuxième Esprit associé est Tate, le vent. C’est le frère cadet du soleil. Il a toujours été, et il sera toujours. Il a son tipi au bout du monde, au pays de Wasichunpi, la région des lumières septentrionales. Il contrôle les saisons et veille sur la Wanagi Tachabku, la piste des Esprits, qui mène au pays éternel. Tate a quatre fils, les vents des quatre Directions. Il y en a un cinquième, chétif et malingre, mais qui n’est peut-être pas de lui. L’épouse de Tate, Ite (dont le nom signifie tout simplement “visage”), est une des femmes les plus belles du monde.

#Le troisième Esprit associé est Unk, le désaccord, le Père du Mal. Unkest la face négative de Wakinyan l’oiseau-tonnerre. On l’appelle aussi Celui-qui-tue, et qui peut changer les hommes en bêtes. Pour le punir d’emprunter les voies du mal, le Créateur a transformé Unk en Unktehi, le Grand Monstre des Eaux. Il a quatre pattes et une grande corne qu’il peut rentrer dans sa tête ou étirer jusqu’au ciel. Il a aussi de longs poiles, qui ressemble à de la mousse, et une queue puissante. Il vit dans les lacs sombres et les marécages. Son pouvoir réside surtout dans son immense queue, qu’il utilise pour tuer tous ceux qui se trouvent sur son chemin.

On rencontre Unktehi dans les cauchemars. On dit que le monstre raffole de la viande de chien, et que si on lui lance un chien blanc, il se jettera dessus pour le dévorer, ce qui laisse une chance de s’échapper. Le Monstre des Eaux femelle s’appelle Uncegila. si un esprit était assez puissant pour leur couper la queue, il les rendrait inoffensifs. Les Badlands, dans le Dakota du sud, sont jonchées d’os énormes, qui appartenaient à des animaux disparus depuis longtemps. certains anciens affirment que ce sont les os d’Unktechi.

#Le quatrième Être surnaturel associé est Wakinyan, l’oiseau-Tonnerre. Il se tient là où le soleil se lève. Le tonnerre est sa voix, et l’éclat de ses yeux se change en éclaires. il vit parfois dans un rocher. C’est lui l’esprit qui crée l’énergie électrique. Il porte une longue robe de nuages, et livre un combat permanant à Unktehi. Â chaque rencontre entre le pouvoir de tonnerre de Wakinyan et l’océan naît une vague. Chacune de ces “frictions” produit suffisamment d’énergie pour éclairer toutes les ampoules électriques du monde.

Wakinyan est perché sur un immense nid d’os desséchés, où se trouve un œuf énorme d’où naissent sans arrêt de jeunes Oiseaux-Tonnerre. Il avale ses petits, qui se transforment en autant de “moi” de l’Oiseau-Tonnerre. Il a pour symbole l’éclair fourchu, dont les deux pointes représentent la force positive et la force négative de l’éclaire. Celui qui rêve de wakinyan, ou d’un de ses nombreux attributs, en devient *heyoka, un contraire.

* Mot lakota traduit généralement par “clown”. Plus exactement, il défini les gens qui ont eu une vision des Être-Tonnerre (à l’origine de la foudre et du tonnerre) et qui, par la suite, développent une forme de langage systématique consistant à dire exactement le contraire de ce qu’il pensent. Ce comportement socialement accepté concerne également les actes de cette personne, la faisant sortir nue en hiver, “se laver” dans la terre, monter à Cheval à l’envers, etc.

Le premier des quatre Pouvoirs subalternes est Tatanka, l’esprit du bison. Ce n’est pas simplement un animal, mais un esprit sacré, le frère des indiens, celui qui donne santé, la nourriture et la vie. Nous nous considérons comme faisant partie de Tatanka Oyate, la nation bison, tant nos liens avec cet être exceptionnel sont étroits. Tatanka signifie “ce qui atteint le plus  haut niveau, ce qui excelle.”

Le crâne de bison est lila wakan, éminemment sacré; c’est un autel où l’on prie, et qui aide à prier. Il y a dans l’épaule de Tatanka un morceau qui représente l’univers. C’est assez difficile à comprendre. Une silhouette en forme de bison, découpée dans le cuire de l’animal, est accrochée à l’Arbre de la danse du Soleil pour symboliser la vie qui se perpétue.

L’esprit du bison participe à tous nos rites sacrés. La balle que l’on utilise dans la Tapa Wanka Yap, la cérémonie du lancer-de-balle des filles, est en poile de bison recouvert de peau de bison. Nos légendes affirment que lorsque l’homme blanc se mit à exterminer systématiquement les troupeaux de bisons, qui par millions peuplaient autrefois la prairie, les survivants disparurent dans une vaste caverne, au flanc d’une montagne. D’après nos prophéties, un jour ils reviendront.

Le deuxième esprit subalterne est Tob Tob, l’ours, le plus sage des esprits. C’est Tob Tob qui a créé les êtres à quatre pattes. Il est une grande médecine, le Guérisseurs-de-Blessures qui apprend aux hommes médecine la langue secrète du chamane. Tob Tob, que l’on appelle aussi Mato, représente l’amour et la bravoure. Je crois avoir déjà dit qu’il ne reste que peu de docteurs de l’ours. Quand ils exerçaient leur activité, ils se recouvraient d’une peau d’ours. C’est avec des griffes d’ours qu’ils nettoyaient les blessures, et ils étaient experts en réduction de fractures. Récemment, lors d’une danse du soleil, certains danseurs, afin d’être fortifiés, se virent offrir de la viande d’ours.

Le troisième esprit Subalterne est Wani, le vent des Quatre Directions, C’est lui qui donne l’énergie, et qui fait le temps. Il représente le pouvoir des Quatre directions, et c’est le messager des Êtres sacrés. Le quatrième Esprit subalterne est Yumni-Wi, la déesse de la Mer qui aussi celle de l’amour, des sports et des jeux. Yumni-Wi, qui représente le pouvoir du féminin, est un esprit très important dont la présence est nécessaire pour restaurer l’équilibre du monde.

Le premier des quatre Esprits inférieurs est Niya, qui littéralement signifie “l’Esprit”. C’est la personnification de la vie. C’est l’essence d’une personne, une des quatre âmes qui habitent chaque être humain. Après la mort, Niya abandonne le corps. C’est un esprit gardien, qui peut parler aux hommes et qui donne au nouveau-né son premier souffle.

En deuxième vient Nagi. Dans un sens, le mot nagi peut être employé à la manière dont les blanc utilisent le mot “fantôme”, pour représenter l’esprit errant d’un mort. Mon père connaissait un chant de fantôme, celui d’un homme qui avait trahi et laissé tomber une fille qui l’aimait; tué lors d’une bataille, il fut condamné à errer sur la prairie, où il hantait les campements en faisant entendre son étrange chant funèbre. Mais, en tant qu’Être surnaturel, Nagi est une des quatre âmes qui habitent toute personne. C’est une présence, qu’on trouve aussi bien dans un animal, une pierre, un arbre ou un cours d’eau.

Un fantôme d’être humain porte le nom de “Wicha Nagi”, et celui d’un animal “Wamaka Nagi” Nagi est l’ombre de tout homme et de toute chose; c’est l’esprit qui accompagne l’homme dans le monde des Esprits. Nagi ne meurt jamais. Un homme connaît ce que ses yeux lui montrent, mais Nagi connaît ce qui a été et ce qui sera. Quand nous nous asseyons, nous mettons de côté quelques morceaux de notre nourriture destinés aux Nagipis, les fantômes de nos amis ou proches disparus. On pense que l’encens de la sauge et de la glycérie leur est agréable. Nagi peut permettre aux hommes et aux animaux de se parler.

Autrefois, quand la mort emportait un enfant, les parents affligés décidaient souvent de conserver avec eux son âme, son nagi, pendant un certain nombre de mois, en général un an. Dans ce cas, on célébrais une cérémonie spéciale, qui s’appelle Wanagi Yuhapi,”Conservation de l’Ame”. On faisait un paquet qui renfermait une tresse de glycérie, une boucle de chveux de l’enfant, et un autre objet se rapportant au petit disparu, qu’on enveloppait dans une étoffe rouge et de la peau de cerf. Ce paquet, que l’on habillait avec des vêtements, comme une poupée, était placé dans un petit “tipi du fantôme”. On s’en occupait avec beaucoup de soins et d’amour, selon les règles rituelles bien précises, et on donnait régulièrement à manger au nagi de l’enfant, dont l’âme habitait ce paquet semblable à une poupée. Quand la période de temps requise s’était écoulée, on libérait le nagi de l’enfant en une cérémonie solennelle, et il pouvait partir pour le monde des esprits.

Le troisième des Esprits inférieurs est Sichun, “l’Intellect”, pouvoir inné que l’on trouve en chaque homme et chaque femme, c’estl’une des quatre âmes de chaque individu. Sichun incarne la connaissance et un pouvoir spécial que tout nouveau-né reçoit des êtres surnaturels. Il a pour attribut de protéger du mal, mais, comme toute chose, il a une double nature, positive et négative.

Le quatrième Esprit inférieur, et le dernier des Seize Grands Mystères, est Yumni. Il représente tout ce qui est immatériel: l’orphelin qui n’a jamais vu le jour, le tourbillon de l’air, la petite tornade, le messager espiègle des Êtres surnaturels.

Aux Seize Grands Mystères viennent s’ajouter des objets et des symboles, en quatre groupes de quatre: il y a quatre peaux d’oiseaux (aigle, cygne, faucon à queue rouge, et pivert à tête rouge); quatre peaux d’animaux (bison, cerf à queue noire, taupe et blaireau); quatre herbes ou racines (persicaire âcre, réglisse, servent à soigner les crampes, la grippe, la perte d’appétit et l’asthme; et enfin quatre pierres de quatre couleurs différentes (rouge, noir, jaune et blanc).

Huit Êtres surnaturels représentent les Pouvoirs négatifs. Comme je l’ai déjà dit, Anung-Ite, la Femme-aux-deux-visages, est d’une beauté resplendissante et d’une laideur repoussante. Elle est fille de Waziya, le Magicien, et de Kanka, la Vieille Sorcière, ce qui explique qu’elle soit rusée et malicieuse. C’est une tentatrice, qui est capable de se dissimuler n’importe où, même dans un trou d’écureuil, et qui peut percevoir une conversation à plus d’un kilomètre de distance. Elle aime particulièrement faire peur aux femmes enceintes et provoquer des douleurs lors es menstruations. “Deux Visages” pousse à la querelle; c’est le commérage fait femme. Pour l’éloigner, il faut faire brûler des branches de peuplier, dont la fumée l’incommode.

Iktomi, lui, est le tricheur, l’homme-Araignée. C’est l’esprit malin qui parfois se prend à ses propres tours, le glouton, l’éternel chasseur de femmes, et celui qui fait des farces. Iktomi a une nature double , car il est à la fois puissant et faible, fier et humble, intelligent et stupide, bon et mauvais, jeune et vieux. Il peut se transformer à volonté en homme, animal ou plante, mais il prend en général la forme de l’araignée.

Kanak est le Viel Esprit Féminin, une sorcière qui prodigua d’utiles enseignement aux êtres qui vinrent avant  les hommes, et qui vivaient sous terre avant d’émerger à la surface du sol pour devenir de véritables personnes. Epouse du Vieux Magicien du Nord, Kanka est une prophétesse qui voit dans l’avenir. Mais ne vos en faites pas une image de sorcière  à cheval sur un balai, comme on se les représente à Halloween; l’idée qu’un indien se fait d’une sorcière diffère grandement de l’image des contes de fées des blancs.

Ksa est la déesse des Eaux, la sagesse inversée en intelligence négative. On dit parfois que Ksa n’est qu’une forme que  Yum prit plaisir à revêtir. D’autres légendes affirment que Ksa naquit, de façon quelque peu mystérieuse, d’un œuf d’Oiseau-Tonerre.

Wazi, ou Waziya, est la Magicien, le Sorcier; c’est lui qui apporte froid et mort. Son souffle glacé se change en Yata, le Vent du Nord, qui glace les hommes au plus profond des os. Il se promène affublé d’une longue robe en peau de loup. Un avare se voit traiter de waziya. Les missionnaires le rebaptisèrent Santa Claus(saint Nicolas) et montèrent ainsi leur grande ignorance.

Les trois autres Pouvoirs négatifs sont Tob Tob, l’Ours, Tate, le vent, et Yumni, la Tornade. J’en ai déjà traité à propos des Seize grands Mystères. Tous ces esprits surnaturels ressemblent aux anciens dieux de la mythologie grecque, car sous bien des aspects, ils se comportent comme des êtres humains.

Wakan Tanka, le Créateur, le Grand Mystère qui échappe au temps, eut une vision du monde qui mena celui-ci à l’existence. Il fallut d’immenses plages de temps pour que l’univers, les Êtres surnaturels, la Terre et les hommes évoluent et prennent leur forme définitive.

Au début, tout était immatériel, invisible, et flottait dans un espace infini. Dans la première phase de création du monde, Wakan Tanka créa Wi, Skan, Maka et Inyan, c’est à dire le soleil, le Pouvoir du Mouvement, la Terre, et le Roc. (Ces mots ne sauraient traduire la signification spirituelle des noms indiens, mais je dois utiliser les termes à ma disposition. L’anglais est une langue bien pauvre pour traiter des mystère.) Le Grand Esprit créa en premier le Soleil, et le Rocher éternel en dernier. C’est ainsi que s’acheva la première phase.

A leur tour, les quatres Esprits supérieurs reçurent la pouvoir de créer. Après un nombre incalculable d’années débuta la deuxième phase. Wi le soleil, créa Hnawi, la lune, pour en faire son épouse. Skan, le Pouvoir du Mouvement créa Tate le vent, qui lui-même insuffle le mouvement. Maka, la Terre, créa Unk, qui est le Désaccord et la Passion personnifiés, à la fois la passion entre homme  et femme et tous les genres de passion que nous connaissons dans notre vie. Inyan, le roc ou le Rocher, créa Wakinyan, la Grand Être-Tonnerre-Être Ailé qui contrôle les les clairs et l’électricité. C’est ainsi que furent créés les Quatre Esprits Associés, et que prit fin la deuxième phase de la Création.

De nouveau, s’écoule une longue période; au cours de la troisième phase, les Esprits associés aidèrent à la venue au monde des quatre Esprits subalternes:

Tatanka, l’esprit Bison, Tob Tob, le pouvoir de l’Ours, Wani, le vent des Quatre Directions, et Yumni Wi, la déesse de la Mer. Ceci ne veut pas dire que le Bison et l’Ours furent créés en chair et en os, comme les bisons et les ours que l’on voit dans les zoo. Il n’ont existé d’abord que comme esprits non incarnés. On pourrait dire qu’au début ils existaient à l’état de pensées de Wakan Tanka.

La quatrième phase de la Création, qui fut la dernière, vit la naissance des Quatre Pouvoirs Inférieurs, c’étaient les Esprits sans corps, invisibles et impalpables, et tels ils sont restés. Ils ont pour noms Niya, l’Esprit, Nagi, le Fantôme, Sichun, l’intellect, et Yumni, la tornade. Même s’ils n’étaient que des “habitants de l’esprit humain”, ces pouvoirs faisait sentir leur présence mystérieuse de nombreuses manières.

Wazi, le vieux Magicien, et Kanka, la Vieille Sorcière, avait une fille du nom de Ite, ou Visage, ainsi nommée car elle avait le plus beau visage du monde. On la donna en mariage à Tate, le vent et quatre enfants naquirent de cette union; Yata, le vent du Nord, géant cruel au caractère ombrageux; Eya, le Vent d’Ouest, géant qui n’apparaît que dans des visions; Yanpa, le vent d’Est, qui vit sur une île, couché sur un lit fait de duvet de canard et d’oie,; enfin Okaga, le Vent du Sud, pouoir bienveillant qui apporte chaleur et vie.

Ces Êtres surnaturels sont en réalité des quadruplés, mais qui vinrent au monde dans l’ordre indiqué ci-dessus. Comme Yata était d’une nature désagréable et batailleuse, Tate le priva de son droit d’aînesse pour l’accorder à Eya, le cadet. Voilà pourquoi, dans l’ordre des Quatre Directions, c’est l’Ouest qui vient en premier, suivi du Nord, de l’Est et du Sud. Quand Yata vit qu’Eya avait la préséance sur lui, il versa des pleurs de rage.

Waziya et Kanka vivaient toujours sous terre. Ils étaient dévorés de jalousie envers les Seize Grands Mystères. Le vieux Magicien et la Sorcière aspiraient à un statut plus élevé; ils ambitionnaient de siéger parmi les Seize Grands Êtres surnaturels.

Iktomi, l’Homme-Araignée à la nature maligne qui cherche toujours à provoquer la discorde, vit qu’il y avait là une occasion à saisir. “Pourquoi donc ne pas vous servir de la beauté de votre fille pour faire avancer les choses en votre faveur? glissa-t-il à l’oreille du couple de sorciers. Ite est bien plus que Hanwi, la Lune. Que Wi, le soleil, qi est le premier parmi les pouvoirs, vienne à poser les yeux sur Ite, et il rejettera Hanwi au profit de votre fille.”  

Wazi et Kanta trouvèrent l’idée fort ingénieuse. Si Wi, le chef des Grand Mystères, venait à prendre Ite pour épouse, celle-ci userait certainement de ses charmes pour obtenir que ses parents soient élevés à un rang supérieur. Quand ils s’ouvrirent à leur fille de leurs manigances, elle se déclara prête à s’y engager, bien qu’elle fût déjà mariée et mère de quatre fils.

wi avait décidé d’offrir aux quinze autres Êtres surnaturels un grand festin. Pendant les préparatifs, et avant l’arrivée des invités, Iktomi réussit à faire entrer en cachette Ite dans le tipi de Wi. Avant que quiconque ait pu intervenir, elle avait pris place sur le siège de Hanwi, aux côtés du soleil. Wi était fasciné par sa beauté et ne pouvait en détacher ses regards. Unk, le Désaccord, vit une occasion favorable de semer le trouble en faisant naître dans le coeur de Wi une violente passion pour cettte belle tentatrice. Quand Hanwi arrivera à son tour, elle vit qu’une autre occupait sa place aux côtés du soleil, et elle se voila la face. Ite se moqua d’elle, ainsi que Wazi et Kanka. Hanwi pleura tant de honte était grande.

Bientôt, Ite fut enceinte, et donna naissance à un cinquième fils. Mais comme celui-ci avait été conçu dans l’adultère, sa naissance fut prématurée et peu conforme aux voies de la nature. On lui donna le nom de Yumni, la Tornade. Ce fut un esprit malingre et chétif, un maître tourbillon de poussière qui danse au bord de la route.

Skan fut désigné pour juger de cette affaire. Ite fut châtiée: ses fils lui furent retirés et confiés à la garde de Tate. Skan la frappa sur un côté du visage, qui prit un aspect affreusement repoussant. L’autre moitié garda sa beauté resplendissante. Elle fut condamnée à errer sur la Terre; on la fuit, et personne ne cherh=che son amitié. Parfois, elle parvient à attirer un homme grâce à la beauté d’un de ses profils; mais quand il la prend dans ses bras, il découvre l’autre moitié, hideuse, et il s’enfuit. C’est ce qui lui vaut son nom de Anung-Ite, la femme-aux-deux-visages.

Quand à Wi, il fut également puni; il perdit Hanwi. C’est depuis ce moment-là que Wi règne sur le jour et Hanwi sur la nuit. Pendant le journée, si Hanwi se retrouve trop près de son ancien compagnon, elle se voile la face.

Wazi et Kanka furent bannis au bout du monde, condamnés à errer sur cette frontière déserte où règne un froid glacial, et où l’on n’entend que le hurlement des tempêtes de neige. Pourtant, Kanka reçut la pouvoir de faire du bien à ceux qui le méritent, et du tort à ceux qui se rendent coupables de transgression envers les Grands Mystères.

Unk également fut puni et changé en Unktehi, le Grand Monstre des Eaux, qui a pour demeure la vase, la boue et les marécages. Iktomi eut pour châtiment la haine éternelle des Êtres surnaturels, mais affirma que cela lui était indifférent. Ainsi s’acheva cette phase de la création. Ce qui était auparavant immatériel avait pris corps, et Maka, la Terre, prit sa forme actuelle. Pourtant, au début, elle n’avait pas d’eau. Tate recueillit de l’eau dans l’espace, l’Eau de la Vie, et de son souffle la répandit sur toute la surface de la terre; ainsi naquirent les océans et les grands lacs. Mais la Terre était froide, et les eaux gelèrent. Alors Wakan Tanka ordonna à Wi de réchauffer Maka, et les conditions d’apparition de la vie sur la Terre furent réunies.

Tout dans l’univers se déplaçait, sauf Maka qui restait immobile. La Terre restait enracinée à la même place. Alors Skan la mit en mouvement, et elle se mit à tourner de gauche à droite. Tout ce que Skan met en mouvement bouge ainsi dans le sens des aiguilles d’une montre, pour reprendre l’expression des blancs. C’est pour cette raison qu’en entrant dans la loge à sudation et en sortant, nous allons toujours  de gauche à droite. Il en va de même pour entrer et sortir d’un tipi, et pour faire passer la *pipe dans l’assemblée. µPendant toutes ces immenses périodes de temps, Wakan Tanka n’a pas cessé de créer et de se recréer lui-même, pour apparaître sous différentes auspices, Un dans la diversité, et Divers dans l’Unité.

Il arriva un jour qu’un objet brillant tomba par le trou de sortie de la fumée dans la hutte de Tate, le Vent. C’était une étoile filante ou un météore, qui prit la forme d’une jeune femme dont la beauté dépassait largement celle de Ite. Elle avait de longs cheveux flottants, d’un  noir brillant, et des mouvements extrêmement gracieux. Mais, à la différence de la Femme-aux-deux-visages, elle était pure et sans tache. Cet Être surnaturel, c’était Wohpe, que son père, le ciel, avait envoyée pour accomplir de grande choses.

Elle avait apporté un sac-médecine sacré, un sac qui était toujours plein de nourriture pour les dieux. Et de ce sac, alors que montait la douce odeur de la glycérine, elle tira des mets tels que Tate et ses fils n’en avaient jamais goûté. pour Tate, elle fit également une splendide robe en peau de daim. Elle savait tout faire. Tate et  ses fils restaient là à la contempler, envoûtés par sa capacité à créer à partir du néant des objets éminemment utiles qu’ils n’avaient jamais vus auparavant. Wohpe s’adressa à Tate en l’appelant ‘”père”, et à Okaga, le petit vent du Sud, en l’appelant “petit frère”.

Okaga tomba amoureux de Wohpe, et pour lui prouver cet amour, il joua d’une flûte qu’elle lui avait fabriquée. Mais Wohpe était un pur esprit que nul, ni dieu ni homme, ne pouvait posséder. Tate et ses fils comprirent qu’elle était la partie douce de leur personnalité, car tout homme et toute femme possèdent une nature masculine et une féminine. Wohpe était la déesse de l’amour, du jeu, et de la connaissance.

En se conformant aux  instructions que leur donnait Wakan Tanka, les Seize Grands Mystères créèrent les plantes et les arbres afin de recouvrir la Terre. Ils créèrent aussi les créatures ailées, celles à quatre pattes et celles qui rampent. Au départ, Wazi, Kanka et AnungIte étaient les seuls êtres d’aspect humain sur terre, mais à la fin, pour conclure la Création, Wakan Tanka fit des êtres qui marchaient droit sur deux pattes et qui reçurent la première place entre les êtres vivants.

Au début, ces êtres debout savaient encore parler aux plantes et aux autres animaux, mais quand Wakan Tanka leur donna Sichun, l’Intellect, ils se séparèrent, physiquement et intellectuellement, de leurs frères animaux et oiseaux. Je me souviens d’un ancien qui me dit un jour: “je crois que le Créateur a commis une erreur en donnant l’inellect aux êtres humains, car ils ne s’en serviront que pour se détruire.” Jamais je n’avais voulu le croire, mais quand je vois l’état du monde aujourd’hui, il ma semble qu’il avait peut-être raison.

Ces créatures que Wakan Tanka avait créées en dernier s’adressèrent à lui: “Vivrons-nous éternellement?

-Vous êtres des fragments de cercle dans un cercle dans un cercle dans un cercle, vous faites partie du Cercle sacré, qui est infini. La vie disparaît et se renouvelle, et ce pour l’éternité.” Ils durent se contenter de cette réponse.

Au début, ils ne savaient pas comment vivre. C’étaient comme des bêtes dans un champs. Ils n’avait aucune croyance à laquelle se raccrocher. Alors Wohpe se réincarna en femme Bison Blanc et descendit du ciel parmi les hommes, pour faire le lien entre eux et des Êtres supérieurs: elle apporta au peuple la Pipe sacrée et les Sept Rites Sacrés, et, comme je vous l’ai déjà appris, elle tissa des liens fraternels entre l’homme et le bison.

Vous pouvez considérer tout ce récit comme une vérité indiscutable, ou comme une belle légende. Mais quand nous nous purifierons selon les règles, que la Pipe circule de l’un à l’autre et que du fourneau monte le souffle de Wakan Tanka, les Seize Grands Mystères sont là avec nous dans la hutte, et on sent clairement leur présence, qui parfois me comble tellement que je suis prêt à pleurer de bonheur.

Quand les Quatre Pouvoirs Supérieurs entreprirent l’instruction des Quatre Associés, ils gardèrent par-devers eux 10 pour cent de leurs secrets, et quand les Esprits associés enseignèrent aux Subalternes, ils ne transmirent pas intégralement tout leur savoir. Il en alla de même entre les Subalternes et les Esprits inférieurs.

Ainsi, quand le peuple, par l’intermédiaire de Femme Bison Blanc, reçut l’enseignement des Esprits Inférieurs, il ne reçu que 60 pour cent du savoir sacré universel. Pour ma part, quand je vous parle de la sagesse que j’ai reçue, je dois également laisser un voile sur certaines choses, car on ne doit jamais tout révéler.

Et c’est bien ainsi. Cette humble créature qui marche droit sur ces deux pattes ne doit pas tout savoir. nous sommes déjà bien trop intelligents; ce n’est pas l’intelligence qui nous manque, mais la sagesse. Je n’ai rien à ajouter. J’ai parlé.

 

 

 

            Article tiré et inspirer du livre “Le cercle sacrée, mémoires d’un homme-médecine sioux. De Archie Fire Lame Deer”

            Voir ici > Le Cercle Sacré, mémoires d’un homme-médecine sioux

 

Pour les Sioux, il était Wakan Tanka ou Tunkashila

Pour les Cheyennes, il était Maheo.

Pour les Apaches, il était Usen ou Yoséné.

 

Pour info:

Gitche Manitou (Gitchi Manitou, Gitche Manito, etc, à partir de la langue Anishinaabe: gichi-manidoo) au plus récent Anishinaabe culture signifie Grand Esprit, Dieu, le Créateur de toutes choses et qui donne la vie, et parfois traduit par la «Grande Mystère. "Manitou" est une Anishinaabe mot pour l’esprit, spirituel, le mystère, mystérieux ou de divinité.  Historiquement, les gens croyaient Anishinaabe dans une variété de spiritueux, dont les images ont été placés près des portes de protection. Avec l’arrivée des missionnaires chrétiens et de leur besoin de traduire l’idée du monothéisme ", Gitche Manitou", signifiant "Grand Esprit" a été inventé.