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Leonard Peltier est un militant amérindien Anishinaabe/Lakota, né le 12 septembre 1944, incarcéré depuis le 6 février  1976  et  condamné par deux fois à perpétuité  pour un crime qu’il n’a pas comis.

 

 

Les faits: 

Le matin du 26 juin 1975, les habitants d’Oglala remarquèrent qu’un grand nombre de forces de police paramilitaires (goons, police du BIA, officiers de police U.S, équipes SWAT du FBI) se massaient dans la région. Vers 11h30, les Agents Spéciaux du FBI  Ronald Williams et Jack Coler pénétrèrent en voiture sur la propriété des Jumping Bull, poursuivant un pickup truck (camionnette) rouge qu’ils présumaient conduit par Jimmy Eagle. Eagle, un jeune Oglala, était recherché par le FBI pour le vol d’une paire de bottes de cow-boy. Ainsi, malgré ce que prétendait le FBI, à savoir qu’il ne pouvait enquêter sur les nombreux meurtres dont étaient victimes les membres de l’AIM et ses sympathisants par "manque d’effectifs", deux agents avaient été désignés pour s’occuper d’un adolescent suspecté tout au plus, d’un petit vol. De toute façon, les agents n’avaient pas de mandat d’arrêt contre Eagle. Quand les deux membres de l’AIM qui se trouvaient dans le pickup truck virent qu’ils étaient suivis par les agents Coler et Williams alors qu’ils roulaient en direction du camp de l’AIM, ils s’arrêtèrent et, craignant une attaque des goons, ils descendirent du véhicule avec leurs armes. Selon un des occupants du pickup truck, les agents s’arrêtèrent et sortirent de leurs véhicules l’arme à la main, et un des agents, probablement l’agent Coler, tira sur eux avec un fusil. Les hommes de l’AIM ripostèrent et, comme les agents se mettaient à couvert derrière leurs voitures, ils retournèrent dans le pickup truck et se dirigèrent à l’Est de la propriété des Jumping Bull. Les agents continuèrent à tirer sur eux alors qu’ils s’éloignaient.
En entendant des coups de feu venant de la direction de la propriété des Jumping Bull, ceux qui se trouvaient dans le camp de l’AIM crurent qu’ils étaient l’objet d’une attaque des goons ou des vigilantes. Ils accoururent en direction du bruit de la fusillade, les armes à la main et, voyant deux Blancs en costume civil tirant sur les maisons, ils commencèrent à riposter. En peu de temps, des renforts fédéraux commencèrent à envahir la propriété des Jumping Bull. Quand il devint évident qu’ils étaient encerclés par un grand nombre de policiers bien armés, les membres de l’AIM décidèrent de prendre les agents en otage comme monnaie d’échange avec les assiégeants. Pour cela, ils se déployèrent vers l’Ouest, à l’abri des arbres qui bordent la crique de White Clay et s’approchèrent d’eux par derrière. Quand ils ne furent plus qu’à 50 mètres des agents, ils virent le pickup truck rouge s’approcher des agents et s’arrêter. Ils entendirent plusieurs coups de feu provenant de l’endroit où se tenaient les agents puis virent le pickup truck s’éloigner. Quand ils s’approchèrent des agents, les hommes de l’AIM découvrirent qu’ils avaient été tués tous les deux. Dans leurs voitures, ils trouvèrent des équipements marqués : FBI Denver. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’ils surent que les agresseurs étaient du FBI.
On apprit plus tard que les deux hommes du pickup truck rouge s’étaient aussi approchés des deux agents dans l’intention de les capturer. Le conducteur arrêta le truck près des agents et son compagnon sortit un fusil AR-15 et s’approcha d’eux. Selon sa version, quand l’agent Williams leva son revolver et fit feu sur lui, il réagit en ouvrant le feu sur les agents, les tuant tous les deux. Il remonta alors dans le pickup truck , puis ils s’éloignèrent, dépassèrent Adams (Agent Spécial du FBI) et Two Bulls (officier de la police du BIA) qui étaient cachés là et quittèrent les lieux.
En début d’après-midi, le nombre de policiers impliqués dans la fusillade atteignait près de 200. Ils faisaient face à un groupe de huit personnes, et quelques adultes et adolescents venant du camp de l’AIM. À 16h30, le FBI, renforcé par des équipes du SWAT en provenance de Minneapolis et Chicago, décida qu’il disposait des forces suffisantes pour donner l’assaut. A ce moment, Edgar Bear Runner, un sympathisant local de l’AIM, fut envoyé pour essayer de négocier une reddition. Quand Bear Runner revint, annonçant que les agents Coler et Williams étaient morts et que les défenseurs avaient disparu, le FBI donna l’assaut, gazant les maisons et tirant à vue sur n’importe quoi.
Joe Stuntz Killsright, un membre de l’AIM, trouva également la mort dans la fusillade ; selon le rapport officiel, il fut tué par une balle tirée de loin par un tireur d’élite du FBI et qui l’atteignit au front. Des rapports contradictoires sur la nature des blessures de Killsright ont fait naître le soupçon qu’il avait pu être blessé au cours de la fusillade et être exécuté ensuite par le FBI. Contrastant avec l’enquête intensive qui suivit la mort des agents Coler et Williams, il ne fut fait aucune enquête sur la mort de Joe Stuntz Killsright.

Bien que la mort des agents Coler et Williams n’ait probablement pas été voulue, la provocation déclenchée par la fusillade atteignit son objectif prémédité : la justification d’un assaut paramilitaire massif contre l’AIM. Durant les jours suivants, il y eut plus de 180 agents du FBI sur Pine Ridge. Avec les officiers de police U.S, la police du BIA et les goons, ils effectuèrent des raids durant les trois mois suivants, à la fois sur Pine Ridge et sur la réserve voisine de Rosebud, raids clairement destinés à terroriser les membres de l’AIM et ses sympathisants. Des groupes furent équipés avec la panoplie complète de l’armement anti-guerilla, dans le style de la guerre du Viet-Nam. Prétendant rechercher les participants de la fusillade, ils enfonçaient les portes des maisons, conduisaient des recherches sans mandat, procédaient à des saisies illégales, détruisaient des biens privés, maltraitaient et menaçaient les habitants et arrêtaient les gens avec des mandats illégaux. Un rapport de la Commission des Droits Civiques note : "de nombreux rapports et plaintes contre des menaces, harcèlements et perquisitions conduites en dehors des formes légales…" et le président de la Commission, Arthur J. Flemming, décrivit l’opération comme : "Une réaction excessive qui prit l’aspect d’une vendetta (…) Une invasion de type militaire à grande échelle". En dépit de la dimension et de l’intensité de la chasse à l’homme, aucun des participants à la fusillade ne fut appréhendé sur Pine Ridge.
Afin de s’assurer le soutien de l’opinion publique à de si massives violations des droits constitutionnels, le FBI conduisit une intense campagne de désinformation. À travers tous les Etats-Unis, d’énormes titres de journaux proclamaient la version du FBI selon laquelle les malheureux agents, dans l’exercice de leurs fonctions, étaient, à Wounded Knee, "tombés dans une embuscade tendue par des ‘guerrilleros de l’AIM’ sortant de ‘bunkers sophistiqués’ ". Des journaux qui n’avaient pas montré le moindre intérêt pour l’assassinat systématique de dizaines de membres de l’AIM sur Pine Ridge, publiaient maintenant de sinistres – et entièrement fictives – descriptions des agents exécutés suppliant qu’on les laisse en vie, le corps criblé de balles de mitrailleuses. La technique fut si efficace que, même les médias "libéraux" dénoncèrent les victimes de cette vaste opération terroriste et non les coupables.

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La Gendarmerie royale du Canada l’arrête à Hinton dans l’Alberta le 6 février 1976.

Leonard Peltier a été inculpé de l’assassinat de ces deux agents du FBI puis condamné à deux peines consécutives de prison à perpétuité le 2 juin 1977 à Fargo (Dakota du Nord). Il est incarcéré au pénitencier fédéral de Lewisburg, Pennsylvanie]. Il n’a pas bénéficié de la révision de son procès.

Toutefois, ses partisans disent que :

  • son arrestation et son extradition du Canada aurait été obtenues sur la présentation de dépositions, obtenues par le FBI, de Myrtle Poor Bear, une jeune femme indienne dont le témoignage sera écarté par le juge sur la base d’instabilité mentale au moment du procès de Peltier ;
  • ses avocats se sont vu imposer des restrictions dans leur argumentation et n’ont pas été autorisés à présenter des témoins lors de son procès.

 

Les avocats de Peltier ont déposé une nouvelle plainte dans le cadre de la Loi sur la Liberté de l’Information, pour obtenir la déclassification de plus de 170 000 pages sur cette affaire, qui sont toujours classées par le FBI et la CIA pour des raisons de « sécurité nationale ». Le but de cette action étant d’obtenir de nouvelles preuves, ce qui permettrait de ramener le cas Peltier devant différentes cours de justice. Le FBI a remis en juillet 2002 plus de 30 000 pages à la défense permettant à l’équipe légale de Peltier de travailler sur un appel devant une cour fédérale. Mais jusqu’à présent, le FBI retient toujours plus de 140 000 pages.

La dernière action en justice à été déposée, en avril 2002, dans le cadre du droit civil américain. Leonard Peltier et ses avocats ont décidé d’attaquer le FBI pour son rôle dans cette affaire depuis 1975.

Depuis près de 30 ans, plusieurs personnalités à travers le monde (Nelson Mandela, Rigoberta Menchú, Mgr Desmond Tutu, Rockin’ Squat, Pyroman, les groupes Rage Against The Machine et tagada jones, le chanteur Renaud, le dalaï lama, Jose Ramos Horta, Mearaid Maguire, Betty Williams, tous prix Nobel de la Paix, soutiennent activement Léonard Peltier, comme le font de nombreuses autres personnalités à travers le monde dont Coretta Scott King, veuve du révérend Martin Luther King Jr. les écrivains Sherman Alexie, Vine Deloria, Peter Matthiessen et les acteurs et réalisateurs Peter Coyote, Danny Glover, Whoopy Goldberg, Robert Redford, Steven Seagal, Oliver Stone, Barbara Streisand font également partie de ceux qui militent pour la libération de Leonard Peltier.
Reconnu comme "prisonnier politique" par Amnesty International et par la Fédération internationale des droits de l’homme…), ainsi que des millions d’anonymes, réclament la libération de Leonard Peltier. Lors de sa réélection, Bill Clinton avait assuré qu’il n’oublierait pas Leonard Peltier, sans avoir donné à Leonard Peltier la clémence présidentielle.

"Les paroles des blancs sont écrites sur l’eau."  avait dit Sitting Bull. Un siècle après, ces mots sont toujours d’actualités.

Leonard Peltier est, pour nombre d’amérindiens, un symbole de la lutte et de la résistance autochtone.

, Leonard Peltier entamait en février 2008 sa trente troisième année d’incarcération.

 

Dans la campagne présidentielle 2008 au E-U, le candidat démocrate Barack Obama à annoncé qu’il libérerait Léonard Peltier. A suivre…

 

Il a dit: " Mon crime est d’être indien. Quel est le votre? "

 

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Une sculture de protestation à Liverpool

 

Lien de la pétition pour faire avancer la libération de Léonard Peltier

 

Pour en savoir plus: Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA) / Groupe de soutien à Leonard Peltier 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris ­ tél : 01 43 73 05 80

 

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Au 1er JANVIER 2009, Léonard Peltier  sera privé de liberté depuis 32ans 10mois et 25 jours.

 

 

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Le jeudi 8 janvier 2008, Léonard Peltier est informé de son transfert du pénitencier de Leavenworth au Kansas pour la prison de Lewisburg située en Pennsylvanie et ce dès lundi 12 janvier 2009. Dans la même missive, il lui est accordé le droit de solliciter une libération conditionnelle en février 2009. Peu de jours après son arrivée au Canaan Federal Penitentiary, Leonard Peltier a été pris à partie par des prisonniers et est sévèrement blessé. Ne voulant pas dénoncer ses agresseurs, il n’est pas considéré comme victime par le système pénitentiaire, et est donc placé en confinement avec un seul repas par jour. Ses jours seraient en danger selon son site officiel, qui rappelle que Leonard Peltier est diabétique, et qu’un tel traitement met en jeu sa santé.

Durant la première quinzaine de janvier 2009, le site américain Change.org qui promeut l’élaboration d’une liste de mesures d’urgence à soumettre au Président élu Obama classe en 12ème position sa libération immédiate.