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Le bison d’Amérique du Nord (Bison bison) est l’une des deux espèces de bison encore vivantes. Cette espèce est caractéristique des grandes prairies du Midwest en Amérique du Nord.

Le bison était un animal essentiel pour de nombreuses cultures amérindiennes. L’économie des Indiens des Grandes Plaines était largement basée sur la chasse de cet animal, qui vivait en immenses troupeaux itinérants. Avant l’arrivée des Européens en Amérique, on comptait encore 50 à 70 millions de bisons d’Amérique du Nord, vivant et migrant sur les plaines herbeuses du Mexique au Canada. Ces troupeaux ont été décimé à la fin du XIXe siècle au point de menacer la survie de l’espèce.

Il existe deux sous-espèces de Bison bison en Amérique du Nord : le bison des plaines (Bison bison bison) et le bison des bois (Bison bison athabascae). Ce dernier, qui a toujours été moins abondant, vit au Canada (environs 3 000 têtes dans les années 1990), et est majoritairement composé d’animaux vivant en liberté.

*Bison des plaines (Bison bison bison)

*Bison des bois (Bison bison athabascae)

 

Dont deux sous-espèces sont éteintes

*†Bison de l’Oregon (Bison bison oregonus)

*†Bison de Pennsylvanie (Bison bison pennsylvanicus)

 

 

Morphologie
  • longueur du corps :

                                        -pour les mâles de 3,6 à 3,8 mètres (environ)

                                        -pour les femelle de 2,13 à 2,18 mètres (environ)

  • longueur des cornes : latérales, 40 cm
  • hauteur au garrot :

                                        -pour les mâles de 1,67 à 2 mètres (environ)

                                        -pour les femelles de 1,52 à 1,57 mètres (environ)

  • poids adulte : 500-600 kg pour les femelles, 800-1100 kg pour les mâles.

Physiologie
  • maturité sexuelle : 2 1/2
  • gestation : 9 mois
  • nombre de jeunes / portée : 1, très rarement 2 (la mère délaisse alors le plus faible, condamné…)
  • nombre de portées / an : 1, période de rut en juillet-août, mises-bas en avril-mai
  • longévité  
    • captivitée : plus de 20 ans !

Régime alimentaire

Le bison est un herbivore qui consomme diverses herbacées, dont le panic érigé, l’« Indiangrass » (Sorghastrum nutans), l’« Est Gamagrass » (Tripsacum dactyloides), la grande et petite « Bluestem » (respectivement Andropogon gerardii et Schizachyrium scoparium) et d’autres graminées de prairie ou de jeunes plants de végétaux ligneux.

Prédateurs

Outre l’homme, les prédateurs du bison d’Amérique sont le puma et le loup.

Les bisons ont failli être exterminés avec la conquête de l’Ouest et la construction du chemin de fer (vers 1870-1880). Un seul chasseur pouvait alors tuer plusieurs centaines de bisons par jour. L’un de ces chasseurs en aurait tué environ 20 000 à lui-seul et dans la décennie qui a suivi 1873, il y avait plusieurs centaines de ces chasseurs commerciaux, peut être plus d’un millier. Ces chasseurs travaillaient souvent en équipe de deux, suivis par de nombreux dépeceurs, convoyeurs et assistants payés pour recharger et entretenir les armes ou récupérer le plomb dans les cadavres, pour le refondre et en faire de nouvelles balles. Lors des meilleures chasses, ils devaient utiliser plusieurs fusils et parfois utiliser de l’eau ou les tremper dans la neige pour les refroidir plus vite.

À cette époque, le massacre des bisons fut une entreprise économique stratégiquement organisée et conduite à très grande échelle, pour trois grandes raisons :

  • des raisons commerciales ;
    Le commerce des fourrures(manteaux, tapis, peaux décoratives, etc.) et des peaux (ceintures, robes, etc.) était très actif, plus que celui de la viande, souvent abandonnée sur le terrain. Une partie de la production était exportée vers l’Europe. À cette époque, une fourrure rapportait environ $3.00 à Dodge City, et une très belle fourrure "lourde" pelage d’hiver se vendait $50.00 dans une région et à une époque où un travailleur aurait été chanceux de gagner un dollar par jour.
    On vendait aussi des amendements agricoles riches en calcium et oligo-éléments (phosphore, potassium, etc.) produits en brûlant des squelettes de bisons tués par les chasseurs et abandonnés dans la prairie.
  • des raisons de sécurité ;
    Les bisons étaient abattus le long des voies ferrées parce qu’on craignait les collisions de bisons avec les locomotives et parce que des troupeaux importants de bisons pouvaient, en hiver, profiter des coupes rases faites dans les forêts pour faire passer les trains, risquant de bloquer certains trains des jours entiers.
  • des raisons politiques ;
    Faire disparaître les bisons, c’était affamer les tribus amérindiennes qui gênaient l’expansion coloniale et agricole dans ces régions, et les priver des peaux, tendons, os, etc. qui leurs étaient vitaux.

            

 

  En 1926, des chasseurs du Minnesota sont encore fiers de leurs dernières prises, alors que l'espèce est menacée dans cet État.

Pile de crânes de bisons destinés à devenir du

fertilisant dans les années 1870                                     

                                                            

    Pile de crânes de bisons destinés à devenir du fertilisant dans les années 1870.

 

En 1926, des chasseurs du Minnesota sont encore fiers                                                                          

de leurs dernières prises, alors que l’espèce est menacée                                                                      

dans cet État                                                                                                                             

  Exterminationdes bisonsen1889

Buffalo Bill (William Frederick Cody) fut un des plus chasseurs blancs les plus réputés de bisons.

Cette chasse effrénée à la fin du XIXe siècle, ajoutée aux épidémies de brucellose importée d’Europe, a failli mener à la disparition complète de cette espèce ; alors qu’aux débuts de la conquête de l’Ouest, on pouvait trouver des troupeaux de centaines de milliers de têtes (environ 50 millions), vers 1890-1900, il ne restait que 800 bisons environ. Alors que les grands troupeaux disparaissaient, des propositions visant à protéger les bisons ont été faites, entre autres par Cody, bien placé pour mesurer les impacts de la pression de chasse et de la surexploitation évidente de l’espèce (sans commune mesure avec la chasse que leur faisaient les indiens). Ces projets se sont heurtés à l’idée que faire disparaître le bison était un bon moyen de « pacifier » les indiens des plaines qui entraient régulièrement ,en guerre avec les États-Unis, et qui dépendaient totalement du bison pour leur mode de vie. Le général Philip Sheridan s’est ainsi opposé à une proposition tendant à interdire la chasse commerciale des bisons devant l’assemblée législative du Texas, et le président Grant a lui même opposé un veto à un projet semblable de loi fédérale visant à protéger le bison nord-américain de l’amenuisement de ses troupeaux, presque éteints en 1884.

La destruction des bisons a été combattue par un grand nombre d’indiens des plaines, mais sans succès. Ces derniers n’ont pas pris part à la chasse commerciale du bison.

 

Le bison d’Amérique du nord aujourd’hui

À la fin du XIXe siècle, quelques femmes des classes moyennes se mobilisent contre le massacre des bisons : elles en appellent à une réaction pour sauver l’espèce, en publiant des articles et en interpellant les hommes politiques.
En 1905, « The American Bison Society » est créée, avec pour but de protéger les survivants, et d’en développer la population.

Il y a aujourd’hui 200 à 300 000 bisons, vivant dans des zoos, des parcs animaliers, des élevages privés (pour la viande) et des réserves naturelles (aux É.-U. et au Canada). Ce dernier groupe, les seuls bisons vivant en liberté, est très minoritaire (quelques milliers). Le groupe le plus important est celui des bisons d’élevage, dont plusieurs dizaines de milliers sont abattus chaque année pour leur viande. 

 

                                                                       Bison de l'année 1887 photographié par Eadweard Muybridge

 

                                                                         Bison de l’année 1887 photographié

                                                                               par Eadweard Muybridge